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Samedi 13 Octobre 2018 - 18:19

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L’une des leçons que comporte l’élection de Louise Mushikiwabo à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) est le poids que confère à un homme ou à une femme la volonté affirmée de l’Etat, dont il ou elle est originaire, de l’imposer à la tête d’une des grandes institutions de la gouvernance mondiale. Considérée au départ comme peu probable étant donné que le Rwanda avait remplacé en 2008 le français par l’anglais dans son enseignement public, puis avait rejoint le Commonwealth en 2009, la nomination de sa ministre des Affaires étrangères comme secrétaire générale de l’OIF prouve que rien n’est impossible dès lors qu’un pays jette toutes ses forces dans la bataille.

L’élection de Louise Mushikiwabo est en réalité le résultat d’une conjonction d’actions menées avec une obstination rare et de mille et une façons dans le seul but d’obtenir le poste visé. Du sommet de l’Etat au corps diplomatique en passant par les réseaux d’influence nationaux et internationaux, le Rwanda tout entier s’est mobilisé pendant des mois afin de convaincre ses frères africains de voter en faveur de la candidate qu’il présentait ; puis, cette étape ayant été franchie, il a tout mis en œuvre pour faire basculer vers elle le vote des pays extérieurs au continent, en commençant, cela va de soi, par la France qui n’était pourtant guère encline à soutenir le président Paul Kagame dans une telle opération.

Le résultat ainsi obtenu étant d’autant plus spectaculaire que Michaëlle Jean ne s’était pas retirée et briguait un nouveau mandat de quatre ans à la tête de l’OIF, tous les gouvernants africains doivent maintenant en tirer l’enseignement principal qui tient en la phrase que voici : rien n’est impossible pour un Etat qui brigue une haute fonction au sein des institutions mondiales dès lors qu’il jette tout son poids dans la balance afin que le fléau de celle-ci penche vers lui et lui permette ainsi de gagner la mise recherchée.

Alors que de nombreuses institutions mondiales devront changer de tête dans les mois et les années à venir afin de respecter les règles internes qui les régissent, il n’est ni prématuré ni aventureux de lancer dès à présent les campagnes qui pourraient déboucher sur la désignation d’un des nôtres à leur tête. Le Rwanda vient de nous en administrer la preuve de façon spectaculaire.

 

 

Les Dépêches de Brazzaville

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