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L'équation afghane

Samedi 14 Septembre 2019 - 19:15

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S'il est un dossier empoisonnant, sur lequel même les grandes puissances demeurent à court d'inspiration victorieuse, il s'appelle Afghanistan. Mine de rien, il y a aujourd'hui dix-huit ans, jour pour jour, que dure la traque, ou plutôt la guerre contre les talibans. Nul ne sait quand est-ce qu'elle prendra fin tant l'équation de la lutte armée et, au bout du compte, celle de la négociation reste insoluble.

Le conflit en Afghanistan commencé sous le président Georges Bush junior visait principalement la capture d'Oussama Ben Laden signalé comme l'instigateur présumé des attentats du 11 septembre 2001 qui emportèrent environ trois mille personnes sur le sol des Etats-Unis. C'est pour cette raison que l'Amérique avait  pris la tête d'une grande coalition internationale pour, en quelque sorte, laver l'affront fait à la première puissance mondiale par une bande de terroristes. La cible collatérale de cette guerre impitoyable ce fut le régime des talibans installé cinq années plus tôt par la force des armes et chez qui le chef d'Al-Qaïda avait trouvé refuge. 

Oussama Ben Laden est tué après dix ans de la chasse engagée contre lui par un commando américain à Abbottabad, alors que le régime qui le protégeait s'était effondré depuis. La Maison-Blanche expliquait ensuite son geste de plonger le corps du vaincu dans les profondeurs de l'océan Atlantique pour, disait-elle, empêcher tout fanatisme autour de sa sépulture s'il devait en avoir une. 

Si donc Georges Bush fils avait réussi, en 2003, à capturer Saddam Hussein, l'autre ennemi juré des Etats-Unis, jugé et exécuté, Ben Laden lui était tombé dans l'escarcelle de Barack Obama en 2011. Des histoires anciennes dont les prolongements affectent le présent, car l'enlisement de ce conflit ouvre davantage les yeux sur la nature même des relations internationales: inconstantes, intéressées, pernicieuses. 

Tête de pont de la coalition formée au lendemain du 11 septembre, les Etats-Unis, restés presque seuls, tentent à présent de se défaire de cette guerre impossible. Le président Donald Trump a un temps voulu croire les talibans en engageant des négociations directes avec eux. Dans ce jeu de rôle complexe, les autorités afghanes devaient continuer à gérer le petit essentiel au milieu d'attaques meurtrières chaque fois revendiquées par les premiers. 

Ce bellicisme vexant des talibans, le locataire de la Maison-Blanche ne l'a pas excusé qu'il en a profité pour rompre tout dialogue. Pour les observateurs, Donald Trump n'a fait que retarder les échéances. Ce dossier le rattrapera sans nul doute s'il est réélu l'année prochaine.

Gankama N'Siah

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