Les 2 journalistes de RFI tués au Mali : un Touareg soupçonné d’avoir planifié l’enlèvement a été identifié

Jeudi 7 Novembre 2013 - 18:45

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Le dénommé Bayes Ag Bakabo, propriétaire du véhicule des ravisseurs, a été clairement identifié, a-t-on appris de sources sécuritaires maliennes  

« Nous avons informé la France de l’identification formelle du propriétaire du véhicule des ravisseurs. Il s’agit de Bayes Ag Bakabo, un Touareg », souligne la source, ajoutant que ce dernier est suspecté d’avoir planifié l’enlèvement de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon « pour le compte d’AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique) qu’il a fréquenté assidûment un moment ». Les envoyés spéciaux de RFI allaient être remis à une unité combattante d’AQMI, dirigée par le Touareg Abdelkrim Targui.

La même source ajoute que Bayes Ag Bakabo appartient à la même tribu qu’Ambéry Ag Rhissa, le responsable local de la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) à Kidal, que les deux journalistes venaient d’interviewer avant d’être kidnappés et exécutés quelques heures plus tard, à une douzaine de kilomètres de la ville.

Le texte suscité parle également d’un complice dont le nom n’a pas encore été communiqué, mais qui serait de la famille de Hama Lamine Sall, de nationalité mauritanienne, et dont la mère est Touareg. « Nous sommes sur leur trace », précise-t-on. À en croire la source suscitée, l’exécution des deux journalistes de RFI auraient été provoquée par la panne de leur véhicule, mais aussi par le fait qu’ils craignaient d’être rattrapés par l’armée française qui venait de se lancer à leur recherche.

Hormis cela, une source militaire africaine à Kidal, proche de l’enquête, indique que Bayes Ag Bakabo s’était « récyclé un moment dans le MNLA », notamment après avoir servi AQMI.

La radio Europe 1 quant à elle fait des révélations importantes au sujet du propriétaire du véhicule des ravisseurs. Elle relate qu’étant déjà en disgrâce avec AQMI pour avoir volé de l’argent à cette organisation terroriste, ce Touareg cherchait à se racheter auprès du mouvement et proposait à son supérieur de revoir sa dette. Europe 1 explique : « Baye Ag Bakabo a contacté son supérieur, Abdelkrim Targui, cadre d’AQMI, dans la perspective de son rachat. L’homme lui propose : ‘Si je t’apporte les deux Français, tu effaces ma dette ?' Le chef répond oui. Le feu vert est donné, Baye Ag Bakabo prend alors son pick-up, se dirige là où sont les journalistes français, alors en pleine interview. Un coup de force qui dure quelques minutes, direction : l’Est de la ville pour livrer ses otages. Mais le 4 × 4 tombe en panne. Bakabo appelle alors son chef une nouvelle fois, lui demande : ‘Qu’est-ce que je fais avec les otages ? ' Abdelkrim Targui lui ordonne alors de les tuer. »

Pour le ministre français des Affaires étrangères, l’hypothèse de la panne de voiture avancée pour expliquer le double assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon par leurs ravisseurs est tout à fait possible. « Ce qui est certain, c’est que cette voiture s’est arrêtée dans le désert et que c’est à ce moment-là que nos compatriotes ont été assassinés par des rafales de balles, quatre balles pour l’une et sept balles pour l’autre », a relevé Laurent Fabius.

Rappelons que le 6 novembre, AQMI a, dans une déclaration à l’agence de presse mauritanienne en ligne Sahara Médias, revendiqué l’assassinat de Ghislaine Dupont, 57 ans, et Claude Verlon, 55 ans. 

 

 

 

 

Nestor N'Gampoula