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Les Bantous en bien

Samedi 24 Août 2019 - 14:00

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Edo Nganga a été fait commandeur dans l’ordre du Mérite congolais par le président de la République, le 15 août 2019. Nous étions le jour de l’indépendance du Congo et de la fondation, une année auparavant, de l’orchestre les Bantous de la capitale.

Trois jours auparavant, le 12 août, notre confrère Paul Soni Benga rendait à l’artiste la reconnaissance qu’il mérite à travers la projection en avant-première d’un film intitulé « Nganga Edo, le dernier des Bantous de la capitale ! ».

L’homme y livre quelques secrets de sa longue carrière musicale commencée de l’autre côté du fleuve Congo à Kinshasa où il est venu au monde ; une carrière couronnée à Brazzaville grâce au groupe dans lequel, avec ses amis Nkouka Célestin, Nino Malapet, Essous Jean Serge furent des porte-étendards.    

À côté de toutes ces célébrations grandioses autour des 60 ans des Bantous de la capitale, il ne faut pas oublier de mentionner celle que pour l’éternité Mfumu a livré dans son sixième « Rétro histoire et mémoire » publié cette année. Dans cet ouvrage de 125 pages, gratifié d’un CD en hommage à Nkouka Célestin dit Célio, l’auteur explique par le menu le parcours du mythique orchestre lancé il y a six décennies et qui monta sur scène pour son concert inaugural, « en pleine saison sèche, au bar Chez Faignond, à 19h ».

La musique étant immanquablement une nourriture en partage, Mfumu n’a pas dérogé à la règle de distribuer le plat à ses convives. Il a réuni des témoignages et écrits émanant de gens qui ont à voir avec l’art d’Orphée. Par compétence ou par appétence, observateurs et chroniqueurs dissèquent les œuvres les plus marquantes de « la belle époque » des années 1960 qui jamais peut-être ne reviendra.

Au fond, Rétro histoire et mémoire célèbre dans cette livraison-ci les deux capitales de la rumba congolo-congolaise Brazzaville et Kinshasa. Deux villes appelées à cimenter l’unité de leurs habitants, à promouvoir les échanges dans tous les domaines qui peuvent en assurer le développement et les propulser au rang de point de mire de l’Afrique.

S’il est connu de tous que l’Ok Jazz de feu Luambo Makiadi eut pour fondateurs six sociétaires dont trois Brazzavillois et trois Kinois, peut-être ne sait-on pas que le jour de leur sortie officielle à Poto-Poto, les Bantous de la capitale alignaient à la guitare solo et à l’accompagnement respectivement Dicky Baroza et Dignos Ndingari, venus tous les deux de l’ex-Léopoldville. Ils s’étaient joints à leurs collègues de Brazzaville, Essous au saxo, Edo et Célio au chant, Loubelo Delalune à la guitare basse et Saturnin Pandi aux Tumbas pour vivre leur liberté.

Rétro histoire et mémoire numéro 6 nourrit aussi son lecteur à la chanson traduite du lingala en français, alors même que philosophes, sociologues et collectionneurs de belles œuvres s’essayent à la mise en lumière des « ébats » musicaux, tels que leurs géniteurs les concoctent au quotidien de leurs propres défis existentiels. A lire.

Gankama N'Siah

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