Les immortelles chansons d’Afrique : « Kogno koura » de Balla Onivogui

Vendredi 11 Septembre 2020 - 12:33

Abonnez-vous

  • Augmenter
  • Normal

Current Size: 100%

Version imprimableEnvoyer par courriel

Balla Onivogui s’est bâti une solide réputation grâce à « Kogno koura », titre qui fait partie des classiques de la musique guinéenne.

Cette chanson Balla Onivogui, il l’a composée au sein de l’orchestre « Balla et ses Balladins » dont il fut le créateur en 1962 à Conakry. Ce morceau recèle quelques secrets d’un mariage réussi, basé sur le postulat : « celui qui aime doit accepter la peine. Celle qui aime doit rester sereine. La mariée est une reine à qui vous ne ferez de peine ». Cette mélopée est toujours bien accueillie lors des cérémonies de mariage en Guinée Conakry. Dans leur album « la nouvelle mariée », paru en 1975 chez Syliphone, sous la référence SLP 53, les frères Diabaté reprirent cet air en version instrumentale.

Cet ensemble composé de Sekou Diabaté, Abdoulaye Diabaté et Sire Diabaté est aussi appelé « Virtuoses Diabaté ». Le premier a été le soliste de Balla et ses Balladins ; le  deuxième soliste de Nimba Jazz de Nzéréko et le troisième soliste, accompagnateur ou technicien du National Horoya. Ce  trio est le plus fabuleux de l’histoire de la musique guinéenne. Guitaristes de cran, les Diabaté se retrouvent en une sorte de Jam-session dans cet opus dont l’ultime objectif a été de rénover la musique de leur pays. Tout le monde est accompagnateur et soliste, simultanément ou momentanément. A des moments chacun part de son côté, vogue en solo, puis ils reviennent, se retrouvent, discutent en frères et continuent gentiment leur bonhomme de chemin, tracé par une ligne rythmique inéluctablement dansante. Il faut noter que Sekou « Docteur » Diabaté et son frère ainé, Grand Papa Diabaté révolutionnèrent la musique guinéenne en remplaçant la kora par  la guitare. De plus, le sobriquet de docteur, Sekou l’emprunta auprès du très talentueux guitariste kinois Dr Nico qu’il appréciait énormément. Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter la chanson « Yelema Yelemaso » où Sekou évoque Dr Nico.     

« Kogno Koura » est le plus grand succès de l’orchestre « Balla et ses Balladins » qui eut comme membres : Balla Onivogui, trompettiste et chef d’orchestre ; Pivi Moriba, au saxophone et au trombone ; Sekou Diabaté, alias docteur à la guitare solo ; Fodé Ndiagne, saxophoniste ; Souleymane sylla au saxophone et à la clarinette ; Famoro Kouyaté et Agnero Diakité à la guitare basse ; Kemo Kouyaté et Ibrahima kouyaté à la guitare accompagnement et solo ; Nestor, Manfila Soba Kanté et Emile Benny Soumah au chant.

Trompettiste de grande envergure, Balla Onivogui naquit en 1938 à Macenta, une petite ville dans le sud-est de la Guinée. Il étudia la musique au conservatoire national de Dakar. Il fut un membre incontournable de l’orchestre de l’Etat, le Syli orchestre national. Il a su encourager par le son de sa trompette la nouvelle génération d’artistes guinéens, voire africains. Décédé le 15 mars 2011, à l’âge de 70 ans, son nom reste intimement lié avec l’histoire de la musique de sa Guinée natale. Il a légué à la postérité plusieurs œuvres qui sont considérées comme des reliques musicales.           

 

Frédéric Mafina

Légendes et crédits photo : 

L’orchestre « Balla et ses Balladins »

Notification: 

Non