Libye : des combats gagnent en intensité au sud de Tripoli

Mercredi 22 Mai 2019 - 13:03

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Après plusieurs jours d’une accalmie relative, les affrontements entre les forces loyales au gouvernement d’union nationale (GNA) et les troupes du maréchal Khalifa Haftar ont repris au sud de la capitale libyenne, a-t-on appris.

Selon plusieurs sources, des tirs à l’artillerie lourde, entendus le 21 mai au centre de la capitale, se poursuivent et il s’agit des affrontements les plus violents depuis le début du mois de jeûne musulman du ramadan, le 6 mai. Des témoins signalent des affrontements plus précisément dans le quartier de Salaheddine, en banlieue sud où les forces pro-GNA ont gagné du terrain. Ils disent avoir constaté une avancée de deux à trois kilomètres des forces du GNA dans ce quartier résidentiel.

« Des avions de chasse du GNA ont appuyé les troupes au sol, menant des frappes aériennes notamment contre des chars et armes lourdes dans une caserne dans le même secteur », a indiqué le porte-parole du GNA, Moustafa al-Mejii.

Depuis le début de l’assaut du maréchal Khalifa Haftar sur Tripoli, les combats ont fait cinq cent dix morts et deux mille quatre cent soixante-sept blessés, selon un bilan communiqué par l’Organisation mondiale de la Santé. L’ONU estime que plus de soixante quinze mille personnes ont été obligées de fuir et plus de cent mille autres sont prises au piège des combats aux abords de la capitale libyenne.

Plus de six semaines après le début de l’offensive du maréchal Haftar, l’homme fort de l’est du pays, et son autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL), les combats font toujours face à une résistance farouche des forces du GNA, reconnu par la communauté internationale, basé à Tripoli.

Le 21 mai, l’émissaire de l’ONU en Libye, Ghassan Salamé, a mis en garde contre une « guerre longue et sanglante », devant le Conseil de sécurité à New York. « La Libye est sur le point de tomber dans une guerre civile qui pourrait conduire à la division permanente du pays », a-t-il averti. « Les dégâts déjà occasionnés vont prendre des années à être résorbés et seulement si la guerre s’arrête maintenant », a-t-il souligné.

"Etablir urgemment un cessez-le-feu"

Ghassan Salamé a réclamé des mesures onusiennes pour arrêter le flot d’armes arrivant en Libye en dépit de l’embargo sur les armes décrété pour ce pays depuis 2011. « Des pays alimentent ce conflit sanglant et les Nations unies doivent y mettre un terme », a-t-il demandé, sans citer de noms. « Sans un mécanisme robuste pour le faire appliquer, l’embargo sur les armes en Libye va devenir une farce cynique », a-t-il insisté, ajoutant : « il n’y a pas de solution militaire en Libye et il est indispensable d’avoir une cessation des hostilités et un retour à un processus politique sous l’égide de l’ONU pour sortir le pays de la guerre ».

A l’occasion, les diplomates ont tous marqué leur soutien aux efforts de l’émissaire onusien, qui avait déploré dans le passé les divisions de la communauté internationale, pour parvenir à une fin des combats. Le diplomate français, François Delattre, par exemple, a dit que « face au risque d’escalade, l’urgence est d’établir un cessez-le-feu sans préconditions ». « Aucun camp ne peut l’emporter par la force », a-t-il jugé.

Pour sa part, l’ambassadeur américain, Jonathan Cohen, dont la position du pays à l’égard des deux belligérants reste claire depuis un entretien téléphonique à la mi-avril entre Donald Trump et Khalifa Haftar, a dit que « toutes les parties doivent rejoindre la médiation de l’ONU ». La Russie, qui soutient ce dernier et refuse qu’il soit tenu pour responsable de la dégradation de la situation, a souligné « la nécessité de travailler avec toutes les parties sans en privilégier une ».

Rappelons que le maréchal Haftar est surtout soutenu par les Emirats arabes unis et l’Egypte. Quant à la Turquie et au Qatar, ils appuient les forces loyales GNA de Fayez al-Sarraj.

 

 

 

Nestor N'Gampoula

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