Libye : Emmanuel Macron envisage de rencontrer le maréchal Khalifa Haftar

Mercredi 15 Mai 2019 - 12:15

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Le président français entend discuter avec l’homme fort de l’est libyen qui a lancé une offensive controversée sur Tripoli, le 4 avril dernier, afin de relancer le processus politique dans le pays, a-t-on appris.

La rencontre entre les deux personnalités s’avère nécessaire pour tenter de trouver une solution durable à la crise libyenne, selon le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, qui s’exprimait le 14 mai devant l’Assemblée nationale. « La situation en Libye est très préoccupante parce que la feuille de route qui était proposée par les Nations unies (..) et qui avait failli trouver un aboutissement positif à Abou Dhabi (fin février) a été mise en échec à la fois par une initiative du maréchal Haftar et par une initiative, ou une non-initiative, du Premier ministre Sarraj », a-t-il déclaré.

« C’est la raison pour laquelle le président de la République a souhaité rencontrer l’un et l’autre pour appuyer l’initiative des Nations unies », a indiqué Jean-Yves Le Drian, ajoutant qu’il faut nécessairement « inciter très fortement l’ensemble des parties à prendre le chemin de la négociation, à faire immédiatement un cessez-le-feu et à aboutir à une solution politique ».

Le 8 mai, Emmanuel Macron avait reçu le Premier ministre libyen, Fayez al-Sarraj. A l’occasion, il avait « réaffirmé » le « soutien » de la France au chef du gouvernement libyen, qui accuse Paris de soutenir son rival Khalifa Haftar, et appelé à un cessez-le-feu « sans conditions ». Le président français « recevra peut-être prochainement » Khalifa Haftar mais « rien n’est confirmé », selon l’Elysée.

« La France a toujours estimé que pour un règlement politique, tant Fayez-al Sarraj que Khalifa Haftar sont incontournables, et elle entretient un dialogue avec les deux », a indiqué une source diplomatique française, en rappelant que le chef de l’Etat s’est déjà entretenu par téléphone avec le leader de la Cyrénaïque depuis le début de l’offensive. S’agissant du ce cessez-le-feu, la même source a avancé qu’il implique que le maréchal Haftar reste sur ses positions actuelles. Ce que refuse totalement Fayez al-Sarraj qui réclame un retour sur les positions d’avant le 4 avril.

En proie à l’instabilité depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye a de nouveau basculé dans une spirale de violences avec le lancement d’une offensive militaire sur Tripoli, siège du  gouvernement d’union nationale (GNA) dirigé par Fayez al-Sarraj.

L’homme fort de l’est libyen a appelé récemment ses troupes à « infliger une leçon plus dure encore » aux forces du GNA qui défendent la capitale. Mais après plus d’un mois d’offensive de ses troupes pour s’emparer du contrôle de Tripoli, la situation semble dans l’impasse tant militaire que politique. Les forces fidèles au maréchal Khalifa Haftar, qui avaient pourtant fait une progression rapide, piétinent aux portes de la ville, barrées par les forces loyalistes. Des affrontements qui se déroulent quotidiennement dans la banlieue sud de la capitale ont déjà fait plusieurs centaines de morts.

Réagissant au climat qui prévaut en Libye, l’Union européenne a condamné l’offensive menée par les forces du maréchal Haftar, la qualifiant de menace pour la sécurité internationale, et appelé à un cessez-le-feu immédiat dans le pays.

 

 

Nestor N'Gampoula

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