Likouala : le réseau routier se développe

Samedi 9 Février 2019 - 15:37

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Le ministre de l’Equipement et de l’entretien routier, Emile Ouosso, a effectué dans le département, du 4 au 8 février, une mission de suivi, de contrôle et d’évaluation des chantiers routiers en cours de réalisation par la société CIB-Olam.

L’objectif de la mission était de se rendre compte de l’effectivité du lancement des travaux de cantonnage sur la route Impfondo-Epéna, longue de 85Km, et de la relance des travaux de la zone Sambala qui s’exécutent sur quatre fronts. Il s’agit des axes Makao-Bangui Motaba-Manfouété vers Boucy Boucy ; Sambala-Ikwangala-Boucy Boucy vers Manfouété ; Botanga-Niangué-Malala-Yohi na Yohi et la bretelle conduisant au village Makolo ngoulou ; ainsi que la poursuite des travaux de construction de la digue de Sambala qui servira d’accès au futur pont sur la rivière Motaba.

La Congolaise industrielle de bois (CIB-Olam), société en charge des travaux, réalisera l’entretien de la route Enyellé-Boyélé-Dongou avec aménagement spécifique de la zone de Sambala. Des travaux entièrement financés par l’Etat à hauteur de 3 581 618 243 FCFA, moyennant compensation avec les taxes forestières. « La retenue des taxes au profit de la société CIB-Olam sera fonction des factures des travaux réalisés sur le terrain. Le gouvernement s’engage à financer le projet sur la base des fonds générés par les taxes forestières », peut-on lire dans la convention de partenariat signé entre le gouvernement et la société en charge des travaux.

Des routes…

Au cours de cette mission, Emile Ouosso et sa délégation ont visité les travaux de réouverture et d’aménagement de la route Sambala-Ikwangala-Boucy Boucy. « En 2008, le département de l’Equipement et de l’entretien routier avait déjà construit, en prévision, ce pont pour raccourcir la route Ouesso-Pokola-Makao et qu’à partir de Makao, l’on arrive à Bangui Motaba-Manfouété-Boucy Boucy et sortir à Dongou. En fait, ce n’est qu’un raccourci pour atteindre Impfondo », a fait savoir Daruis Charles Nzamba Bouveka, directeur du désenclavement et des aménagements routiers.

A Sambala, sur le site du futur pont sur la Motaba, des travaux de remblai sont en cours de réalisation. Actuellement, 40% de remblai a été réalisé. Ce dernier doit atteindre la hauteur du village Motaba, situé à l’autre rive de la rivière, pour craindre un dénivelé lors de l’installation du pont. « Le projet a été initié par la Délégation générale aux grands travaux. Nous faisons comme à Bissambi. Réaliser d’abord le remblai avec le peu d’argent que nous avons du Fonds routier et la contrepartie de nos partenaires forestiers. Des études sont en train d’être menées pour trouver des financements en vue de la construction d’un ouvrage définitif puisque cette route est appelée à recevoir un grand trafic. Il faut donc un pont qui pourra soutenir un tonnage assez important », a confié Joseph Bikoumou, directeur général de l’Equipement.

Augustin Moungouali, habitant du village Motaba, n’a pas caché sa satisfaction au regard de l’interconnexion des villages. « Les travaux s’exécutent normalement », soutient-il, « surtout avec la réalisation de la digue de Sambala. Nous sommes contents parce que la CIB travaille avec nous et paye chaque mois suivant des relèves. La route Ikwangala jusqu’à Bangui Motaba nous facilitera la circulation. Le projet est salutaire pour nous et le sera davantage quand sera construit le pont sur la Motaba ».

La délégation a poursuivi sa mission avec le parcours de la route Sambala-Boyélé-Enyellé avant de se rendre à Bétou. La visite des travaux d’ouverture et d’aménagement de la route Enyellé-Makao-Pokola-Ouesso ainsi que ceux de la route Makao-Bangui Motaba-Manfouété a également été effectuée.

A Bangui Motaba, difficile de poursuivre les travaux de la route à cause des cultures de cacao, de manioc et de bananes, qui empêchent le tracé. Pour cela, faisant partie de la délégation, le ministre d'Etat, Henri Djombo, ministre en charge de l’Agriculture, a assuré la population de ce village du dédommagement de tous les champs qui seront détruits à cet effet. Des experts se rendront sur les lieux pour évaluer les dégâts aux fins de dédommagement. Une solution qui a su calmer les ardeurs de certains paysans. « C’est un bon projet. Mais c’est désolant qu’on détruise tout le travail que nous avons fait sans contrepartie. Cultiver n’est pas facile. Si on procède au dédommagement, cela nous donnera le courage de refaire la superficie détruite », a affirmé Alain Mitikou, un exploitant agricole à Bangui-Motaba qui possède trois hectares de cacao et trois hectares de manioc, avant de poursuivre : « Par contre je suis très content parce qu’avant, il fallait contourner pour se rendre à Impfondo. C’était très loin. Grâce à cette route, la distance sera plus courte (136Km) au lieu des 300Km que nous parcourons actuellement. Nous souhaitons que la route se fasse rapidement pour que nous soufflions un peu. Pour écouler nos cultures, il nous faut passer tantôt par voie fluviale pour aller à Dongou. Ce trajet nous coûte 15000 FCFA et le double si on a de la marchandise. Or, le trafic par voie fluviale ne s’exerce qu’une fois par semaine. Cela nous pénalise. Une fois la route terminée, nous pourrons avoir un trafic régulier par voie terrestre ».

A quel prix ?

Outre les sommes colossales investies pour désenclaver le département de la Likouala, il y a un tout autre prix à payer, celui du sacrifice et de l’effort collectif. Il n’est pas facile de réaliser un tracé dans une zone forestière comme la Likouala où forêt dense et vasière ont le dernier mot. « On n’a pas de difficultés liées au relief lors du tracé dans le nord-Congo. La difficulté c’est de traverser des zones marécageuses, chercher le meilleur tracé pour éviter des travaux de dysfonctionnement qui sont lourds dans des zones humides, ce qui est difficile à réaliser », a témoigné Denis Dechenaud, directeur des exploitations à la CIB-Olam.

Même si le désenclavement de la Likoulala suit son cours sans embuches, il reste fort à faire avec l’entretien et le bitumage de ces routes, qui pour la plupart étaient des routes d’exploitations forestières. « Nous venons de constater que le gouvernement a fait ce qu’il pouvait pour répondre concrètement à la question du réseau routier. On peut joindre Epéna à Bétou en s’arrêtant dans chaque localité. C’est une étape. Mais il faut éviter que les routes ne se referment. Des efforts doivent être faits pour bitumer toutes ces voies », a souhaité Venance Mogna, député de Dongou.

Josiane Mambou Loukoula

Légendes et crédits photo : 

Photo1: Emile Ouosso visitant les travaux de remblai sur la rivière Motaba Photo2: Le remblai vu du côté du village Motaba Photo3: La route Impfondo-Epéna

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