Lire ou relire: "Mémoires d’holocauste" de Winner Dimixson Perfection

Vendredi 7 Décembre 2018 - 11:50

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Préfacé par Ramsès Bongolo, avec la postface de Gomez Dimixson, le nouveau recueil de l’écrivaine congolaise compte quatre-vingt-sept poèmes en vers libres. Ce livre de cent vingt-quatre pages, publié aux éditions Alliance Koongo, est un monument portatif qui rappelle le massacre des Juifs par les Nazis.

"Mémoires d’holocauste" est une stèle poétique qui refuse l’oubli d’une souffrance infernale imméritée, afin que ce genre de catastrophe humanitaire ne se répète plus jamais dans l’histoire. Expression d’une forme d’intolérance dont le résultat funeste fut « six millions de Juifs tués » (p.32). Le cri de la poétesse semble dire que si Dieu les a voulus Juifs, pourquoi ne pas les accepter comme tel ? Comment haïr et vouloir persécuter tout un peuple du seul fait de sa nationalité, de ses origines ou de sa différence ?

Il y a quatre-vingts ans (en novembre 1938), ce fut la Shoah dans l’Allemagne hitlérienne, aujourd’hui de même, déplore l’auteure, quelques velléités d’antisémitisme perdurent dans le monde. Elle en relève un cas plus récent. L’agression antisémite, le 29 janvier 2018, à Sarcelles (en France), d’un garçonnet juif (p.83). Mais contre ces faits isolés, on rencontre la volonté de réhabiliter les Juifs dans le monde. Ainsi, en mai 2018 toujours, l’opposition des critiques littéraires a fait avorter le projet de réédition chez Gaillimard des pamphlets antisémitiques de Louis-Ferdinand Céline (p.42).   

Hormis quelques faits anecdotiques qui suscitent sa veine poétique comme dans « La baigneuse effarouchée I & II » (pp.92,93), Winner Dimixson Perfection, en touriste imaginaire, met également en relief les sites historiques où s’est déroulée « la bêtise humaine », notamment le musée très visité d’Auschwitz (p.43).   

Tout le recueil écrit en une nuit blanche se laisse suavement parcourir d’un trait car, fruit d’une plume sublime. Avec des textes comme « La maisonnette au faible éclairage » (p.88), « Atteindre l’enfance I &II » (pp.98,99), l’écrivaine a la magie d’accrocher le lecteur sans atténuer la laideur des réalités décrites. Faits glanés dans la mémoire collective et exhumés à travers une peinture exhalant une poésie majeure. Tantôt marquée par la fluidité de l’expression orale qui en manifeste le ras-le-bol (« les dégâts sont colossaux », p.34). Tantôt rythmée et imagée à la Robert Desnos (« Césure aurorale » ou « Shalom Israël » p.111). 

Aubin Banzouzi

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