Livres : Le Pen Congo Brazzaville lance la rentrée littéraire 2018

Lundi 15 Octobre 2018 - 20:00

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L'activité s'est déroulée du 12 au 13 octobre, à la librairie Les Manguiers des Dépêches de Brazzaville, permettant aux littéraires d'échanger sur divers ouvrages.

Organisée par Pen Congo Brazzaville en partenariat avec la librairie Les Manguiers et l’association culture Elongo Prix du cinq continents, la Rentrée littéraire du Congo (Relico) 2018 s’est ouverte par l’animation de Fortuné Bateza, dans laquelle il a fait référence à tous les noms de la littérature congolaise de l’époque coloniale à nos jours, en passant par les écrivains, les poètes, les maisons d’édition et même les gestionnaires des librairies.

S’en est suivie la biographie de l’invitée d’honneur, le lieutenant-colonel Aline Olga Lonzaniabeka, également écrivaine, auteure de l’ouvrage "La femme congolaise et la défense de la nation". Quelques extraits des poèmes de Jean Blaise Bilombo Samba, ont été lus par Cléo Pindi.

Dans son mot de circonstance, le président du PEN Congo, Florent Sogni Zaou, a indiqué que le livre était un puissant canal de renforcement culturel et sa compagnie ne dérangeait pas le voisin car il ne produit pas de décibels. C’est tout le sens du thème choisi par le comité d’organisation, à savoir « La littérature, outil de cohésion nationale et du mieux vivre ensemble ».

« Ecrire un livre est un exercice passionnant. Autant il est difficile de l’écrire, autant il est fastidieux de subir les caprices de l’éditeur, autant il est stressant de trouver de l’argent pour le faire, autant il est gai de le tenir lorsqu’il paraît. Mais les problèmes commencent lorsqu’il faut le promouvoir. C’est pour la promotion du livre que nous sommes ainsi réunis », a déclaré Florent Sogni Zaou.

Le président du PEN Congo a également dressé les statistiques des parutions des livres dans les deux principales villes du Congo, Brazzaville et Pointe-Noire, d’octobre 2017 à octobre 2018.

Courant cette période, les écrivains ont mis sur le marché, à travers les éditeurs, cent quarante et un titres, soit une moyenne de publication de douze titres par mois.

A Brazzaville, par exemple, les Editions L’Harmattan Congo ont sorti soixante titres ; les Editions Hémar huit titres ; les Editions Ngouvou Académie Sonica un; les Editions Renaissance trente; les Editions Adclf huit ; autres éditions sans référence quatorze titres. A Pointe-Noire, Les lettres marchées ont édité dix ; les Editions LMI huit titres.

Du côté de Paris, une anthologie par Noël Ramata Kodia ; les Editions Acorca ont publié un titre "Ecrire à Pointe-Noire". Par contre, le fait à déplorer, c’est la grosse épine dans le pied de l’écrivain, l'insuffisance criarde de librairies et de bibliothèques ou mieux d’espaces de promotion du livre, qui constitue un sacré frein pour sa circulation.

Ouvrant la Relico 2018, le directeur de cabinet du ministre de la Culture et des arts, Emmanuel Douma, a déclaré que le Congo était un foyer ardent du livre, un véritable modèle à suivre au regard du ratio population, nombre de publications annuelles. « Les statistiques que vous venez de nous donner en sont une illustration éloquente. Il est heureux de constater que la République du Congo n’est pas en marge des succès mondiaux sur le plan littéraire. A cet effet, les nombreux prix remportés par nos écrivains depuis plus de quarante ans confortent cette allégation », a-t-il précisé.

Une leçon inaugurale visant le vivre ensemble

La leçon inaugurale de cette Relico a eu pour thème "La littérature, outil de cohésion nationale et du mieux vivre ensemble". Présentée par le Pr Bellarmin Etienne Iloki, il s’est s’agi de montrer le lien qui existe entre la littérature et la notion du « mieux vivre ensemble », autrement dit, quelle est la place de la littérature dans une société multiculturelle et un contexte mondial.  Le mieux vivre ensemble est-il le fondement de la vie sociale, la condition de la cohésion d’une société ? Entre attraction et répulsion, dans un sentiment imposé par la peur instillée dans la société, l’organisateur de cette manifestation a entraîné le monde littéraire par la porte de la fiction dans ce sujet très contemporain qu’est l’éloge de la différence.

Le Pr Bellarmin Etienne Iloki s’est proposé, dans cette réfléxion, de suivre un triple objectif. Le premier a consisté en une analyse du concept de « mieux vivre ensemble », autant par le contenu que par la démarche intellectuelle ; le deuxième a amené à décrire et à analyser la relation entre la littérature et le concept de « mieux vivre ensemble » ; enfin, le troisième a tenté de montrer la poésie comme l’expression du « mieux vivre ensemble ».

Bruno Okokana

Légendes et crédits photo : 

Photo : le président du Pen Congo Brazzaville prononçant son mot de circonstance

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