Lutte contre la corruption : Afrique émergence met le cap sur les confessions religieuses

Mercredi 12 Décembre 2018 - 19:31

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L’ONG que dirige Welcome Amour Joseph a lancé, le 9 décembre, à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre la corruption, une campagne de sensibilisation à l’Eglise chrétienne biblique (ECB) de Mfilou, afin de solliciter le soutien des dirigeants religieux et leurs fidèles dans cette bataille.

La journée a été placée cette année sur le thème  « Unis contre la corruption pour le développement, la paix et la sécurité ». Au Congo, en l’absence d’une déclaration et des activités officielles, surtout après la dissolution de la Commission nationale de lutte contre la corruption, la fraude et la concussion par le gouvernement, Afrique émergence n’a pas voulu manquer l’occasion.

« Notre ONG ne cherche pas à combattre la corruption d’un point de vue criminel mais moral, en prônant les valeurs de chrétienté dans tout lieu car les chrétiens devraient servir de modèles. D’une manière ou d’une autre, tous, nous sommes ou avions été dans la corruption sous ces deux formes existantes : la corruption active et la corruption passive », a expliqué le président coordonnateur d’Afrique émergence.

Evoquant le choix de l’église, il a indiqué qu’il s’agit de la première entité d’éducation des valeurs, réunissant toutes les races, les langues, les tribus et les cultures. Il s’agit donc d’une gardienne des traditions des valeurs. Selon lui, le président de la République avait rappelé au milieu des années 1990 que la corruption était devenue un sujet de préoccupation légitime qui devrait retenir de plus en plus l’intérêt de tous. Ainsi, les entreprises privées, les institutions multilatérales, les organisations de défense des droits de l’homme, les Eglises devraient y consacrer une attention accrue. Pour ce faire, il a exhorté les autres leaders d’églises à prendre leur responsabilité et à enseigner ces valeurs en vue de prôner une future génération zéro corruption d’ici à 2025, selon la vision de l’ONG Afrique émergence pour un Congo prospère et émergent.

« Suite à cette préoccupation majeure portée sur la lutte contre la corruption, le chef de l’Etat, Denis Sassou N’Guesso, a, dans son discours historique du 30 décembre 2017, exprimé ses vives inquiétudes quant aux défis liés à la corruption. Il a souligné l’importance de les relever en vue de trouver les solutions afin d’éradiquer ce phénomène qui gangrène notre pays car chacun est porteur de solution à sa manière », a poursuivi Welcome Amour Joseph.

Le coût de la corruption estimé à au moins deux mille six cents milliards de dollars

De son côté, le responsable de l’ECB, le pasteur Serge Okengué, a, après son message aux fidèles, exprimé ses vives inquiétudes, tout en soulignant que la corruption ne pourrait durer pour longtemps au Congo. C’est ainsi qu’il s’est engagé à ne ménager aucun effort dans les prédications pour rappeler aux chrétiens les valeurs positives afin qu’ils servent de modèles auprès des tiers. Les chrétiens devraient également être capables de sensibiliser et éduquer les autres face à cette triste réalité. Il a, par ailleurs, exhorté ses fidèles à prôner l’amour de la patrie, la fraternité, l’assurance, la persévérance et la patience dans le travail.

Notons que selon le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, la corruption touche tous les pays, riches et pauvres, du Nord et du Sud, portant ainsi atteinte aux valeurs de l’Organisation des Nations unies. Elle prive, de même, la société d’écoles, d’hôpitaux et d’autres services essentiels, décourage les investissements étrangers et dépossède les nations de leurs ressources naturelles. « Elle sape l’Etat de droit et favorise les crimes tels que la traite d’êtres humains et le trafic d’armes et de drogue. La fraude fiscale, le blanchiment d’argent et autres flux financiers illicites détournent les ressources indispensables au développement durable », a déclaré António Guterres.

En effet, d’après le Forum économique mondial, le coût de la corruption s’élève à au moins deux mille six cents milliards de dollars, soit 5 % du produit intérieur brut mondial. Selon la Banque mondiale, les entreprises et les particuliers versent plus de mille milliards de dollars de pots-de-vin chaque année. Ainsi, la corruption engendre et favorise l’impunité qui ronge la société. Pour le secrétaire général, la Convention des Nations unies contre la corruption est l’un des principaux instruments dont la communauté internationale doit disposer pour lutter contre ce fléau. « L’objectif de développement durable n°16 et les cibles qui y sont associées nous offrent également un cadre d’action », a-t-il rappelé dans son message, invitant à la mobilisation pour l’intégrité car, pour les millions de personnes qui se sont rendues aux urnes cette année partout dans le monde, la lutte contre la corruption était au premier rang des priorités.

Parfait Wilfried Douniama

Légendes et crédits photo : 

Le président d’Afrique émergence au milieu des responsables; une vue de l’église/DR

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