Lutte contre le terrorisme : la force du G5 Sahel reprend ses opérations

Lundi 21 Janvier 2019 - 18:24

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Les activités de la force antidjihadiste, suspendues après l’attentat contre son quartier général le 29 juin dernier à Sévaré, dans le centre du Mali, sont en train de reprendre, a annoncé le 20 janvier, la ministre française des Armées, Florence Parly.

« En ce moment même, après plusieurs mois d’arrêt (..) la force conjointe est en train de reprendre ses opérations », a indiqué la ministre qui s’exprimait à l’émission "Questions politiques" co-animée par la radio France Inter, le journal Le Monde et France Télévisions.

Avant l’attaque de la force conjointe (Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso et Tchad), une lente montée en puissance était enregistrée du fait des opérations réussies menées contre les islamistes dans le Sahel. Depuis, elle a connu un coup d’arrêt ayant occasionné un changement à sa tête : le Mauritanien Hanena Ould Sidi a succédé au Malien Didier Dacko.

Le nouveau chef a d’ores et déjà fait le tour des unités de la force conjointe et passé en revue les équipements dont elle avait besoin. Un constat qui a amené les dirigeants des Etats concernés à relancer parallèlement les appels à la communauté internationale pour que les quelque quatre cent vingt millions d’euros de dons promis à la force soient versés.

Pour Florence Parly, même après la reprise des opérations du G5 Sahel, la force française Barkhane (quatre mille cinq cents hommes) restera présente au Sahel « tant que cela sera nécessaire », précisant:  «ce qui ne veut pas dire que nous avons vocation à être éternels ». La ministre a ajouté : « La vocation de cette force Barkhane, c’est de lutter contre le terrorisme et des groupes djihadistes nombreux  qui sont dans cette zone du Sahel. Ils menacent évidemment les régions en question mais aussi la sécurité des Européens et des Français ».

Selon Florence Parly, Barkhane a également des missions de formation, d’entraînement et d’accompagnement des forces locales dans des opérations conjointes. Et c’est pour avoir veillé à l’accomplissement des missions assignées à la force que des « dizaines de terroristes » ont été neutralisés en janvier, lors des opérations menées conjointement par Barkhane et les forces armées maliennes, a-t-elle rappelé.

Au moment où Paris annonçait la reprise des opérations de la force du G5 Sahel, une attaque contre la Minusma, la plus meurtrière du genre de djihadistes, a coûté la vie à dix Casques bleus tchadiens. Elle a été revendiquée par le groupe djihadiste Al-Qaïda au Maghreb islamique, indiquant avoir agi « en réaction contre la visite du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, au Tchad », selon l’agence de presse mauritanienne Al-Akhbar, connue pour recevoir et diffuser régulièrement des communiqués de cette mouvance.

Au Mali, les djihadistes avaient pris le contrôle du nord du pays en mars-avril 2012, à la faveur de la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touareg, d’abord alliée à ces groupes qui l’ont ensuite évincée. Ils ont été en grande partie chassés ou dispersés à la suite du lancement en janvier 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire qui se poursuit actuellement.

Malgré l'existence de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma), une forte présence militaire française et la création de la force militaire régionale G5-Sahel, les violences djihadistes persistent dans ce pays et se sont même propagées vers le centre et le sud, ainsi qu’au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires.

 

Nestor N’Gampoula

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