Machine à voter : l’UDPS affiche de plus en plus une posture ambiguë

Samedi 20 Octobre 2018 - 14:30

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Alors qu’il y a quelques mois, le parti de Félix Tshisekedi redoutait le recours du vote électronique qui n’offrait pas suffisamment, selon lui, les gages de crédibilité lors des prochains scrutins, il vient curieusement de faire une volte-face en assouplissant sa position, au grand désenchantement du collectif de l’opposition demeuré contestataire.

L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) est-elle toujours en odeur de sainteté avec les autres partis politiques composant les forces de l'opposition ? Cette question taraude bien des esprits lorsqu’on s’en tient au peu d’empressement qu’affichent ces derniers temps les responsables de ce parti politique vis-à-vis des actions initiées par l’opposition. L’UDPS d’Etienne Tshisekedi, toujours aux premières loges en montrant la voie à suivre, semble aujourd’hui être à la traîne jusqu’à manquer plus d’une fois à l’appel du collectif. Tout récemment, l’UDPS n’a pas été signataire de la déclaration commune faite par onze candidats à la présidentielle contre la machine à voter, au motif que son président-candidat, Félix Tshisekedi, ne se trouvait pas au pays.

Certaines langues ont fait observer qu’en pareille circonstance, la présence d’un représentant ou d’un délégué pouvait dissiper toute suspicion et écarter toute interprétation malveillante. Malheureusement, ni l’un ni l’autre n’a pris part à cette messe des candidats à la présidentielle qui, visiblement, ne paraissent plus parler un même langage quant à la suite du processus électoral. La même UDPS va récidiver, cette fois-ci, avec le refus de son secrétaire général d’apposer sa signature au bas de la correspondance adressée, le 18 octobre, par les partis politiques de l’opposition au gouverneur de la ville de Kinshasa requérant l’organisation d’une marche pacifique. Cette marche devrait se tenir pour contester la volonté illégale de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) d’utiliser, pour les élections en cours, le vote électronique (machine à voter) en se servant d’un fichier électoral non nettoyé, ont fait savoir les organisateurs. Dans cette correspondance, le nom du secrétaire général de l'UDPS, Jean-Marc Kabund, n'apparaît pas  à côté d’autres signataires. Au niveau du collectif des partis de l'opposition regroupant, entre autres, Congo na Biso , l’Union pour la nation congolaise, le Mouvement de libération du Congo, le MCR, l’Ecidé et tant d’autres partis politiques, on ne s’explique pas l'attitude du secrétaire général de l’UDPS qui ne peut agir sans requérir l’avis de son président.

Une déclaration qui fait tache d'huile

L’autre fait qui incite à s’interroger sur les rapports de l’UDPS avec les autres forces de l’opposition, c’est la dernière sortie médiatique du directeur de cabinet adjoint de Félix Tshisekedi, Me Peter Kazadi, expliquant que son parti était prêt à aller aux élections avec ou sans la machine à voter. Une déclaration qui a fait tâche d’huile jusqu’à ébranler l’opposition dont une grande frange s’oppose justement au recours de la machine à voter lors des scrutins de décembre. Certains opposants n’ont pas digéré cette volte-face de l’UDPS qui, jusqu’il y a peu, affichait le même élan contestataire que l’ensemble de l'opposition concernant la machine à voter. Cadre de la plate-forme « Ensemble pour le changement, Francis Kalombo ne cache pas son indignation et voit dans ce revirement un signe de trahison. « Un opposant qui accepte la machine à  "voler" , alors qu’il s’est engagé contre, signifie qu’il a un arrangement avec le FCC pour crédibiliser la victoire de son candidat », a indiqué ce proche de Moïse Katumbi.

Rappelons qu’il y a quelques mois, le parti de Félix Tshisekedi redoutait le recours à la machine à voter. « Si la machine à voter est maintenue, l’UDPS n’ira pas aux élections », ne cessait de marteler son secrétaire général adjoint en charge des Finances et logistique, Eteni Longondo. Et parmi les exigences du parti de la 10e rue Limete, figuraient, entre autres, la mise à l’écart de la machine à voter, le nettoyage par des experts du fichier électoral (16,6% d’électeurs sans empreintes digitales) ainsi que le remplacement du délégué de l’UDPS à la Céni.

 

Alain Diasso

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