Migrants : l’UE veut intensifier sa coopération avec l’Afrique du nord

Jeudi 20 Septembre 2018 - 17:00

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Les dirigeants européens sont convenus d’engager des négociations avec l’Egypte et d’autres pays de la région pour lutter contre les départs clandestins vers l’Europe, a annoncé le 20 septembre, le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, au second jour du sommet de l’Union européenne (UE) à Salzbourg, en Autriche.

« L’Egypte est prête à approfondir son dialogue avec nous », s’est félicité Sebastian Kurz, saluant « une nouvelle étape importante » dans la lutte contre l’immigration en Europe.

Depuis le pic de la crise migratoire en 2015, l’UE a déjà conclu avec la Turquie et la Libye des accords qui ont contribué à une forte baisse des arrivées sur le continent via la Méditerranée.

Mais les Européens veulent étendre ces partenariats à tous les pays d’Afrique du nord à la faveur notamment d’un sommet avec la Ligue arabe (basée au Caire) que le Conseil européen, représentant les Etats membres, espère organiser en février.

Fondateur de la Ligue arabe, l’Egypte joue un rôle modèle dans la lutte contre les embarquements clandestins à destination de l’Europe, selon Sebastian Kurz, dont le pays assume jusqu’à la fin de l’année la présidence tournante de l’UE.

« L’Egypte est le seul pays (d’Afrique du nord) qui a réussi, depuis 2016, à empêcher tout départ de migrants » par voie de mer, a souligné le chancelier autrichien, saluant l’« efficacité » du Caire.

Le ministère égyptien des Affaires étrangères a confirmé la proposition d’un sommet UE-Ligue arabe en Egypte, en ajoutant toutefois que l’immigration ne saurait figurer seule au menu.

« Le sommet proposé aborde toutes les questions de coopération arabo-européenne et ne se limite pas au sujet de l’immigration comme cela se dit », a insisté le ministère égyptien.

Malgré la chute des arrivées en Europe à des niveaux inférieurs à ceux d’avant 2015, la question migratoire reste une des priorités des Vingt-huit, qui en ont fait l’un des deux principaux sujets à l’ordre du jour du sommet informel de Salzbourg, avec le Brexit.

« Nous avons une crise politique, pas une crise migratoire. Les chiffres (d’arrivées) sont même inférieurs à ceux qu’ils étaient en 2007. Mais il faut répondre aux préoccupations des citoyens européens, on ne peut pas les ignorer et attendre la prochaine crise », a reconnu le Premier ministre libéral luxembourgeois, Xavier Bettel, à quelques mois de l’échéance électorale européenne (mai 2019).

Pour autant, quand on évoque les sujets migratoires, « on parle de gens », a-t-il relevé, appelant les pays européens à faire preuve de "davantage de solidarité" au sein de l’UE.

Sebastian Kurz, un tenant d’une ligne dure dans ce dossier, a toutefois souligné que « la question migratoire ne se résoudra pas par la répartition (des migrants au sein des pays de l’UE), mais par la défense des frontières extérieures », telle que la souhaite la Commission européenne avec un renfort des moyens de l’Agence européenne des gardes-frontières et des gardes-côtes(Frontex).

Répondant aux critiques de Vienne, qui avait accusé jeudi les capitales du sud de l’Europe d’aborder avec réticence le renforcement de la mission Frontex, une source diplomatique espagnole a assuré le même jour que son pays ne voyait « pas d’inconvénient » à une telle mesure. « Mais nous le considérons comme un mécanisme flexible et complémentaire », a ajouté cette source.

Craignant une atteinte à la souveraineté hongroise, le Premier ministre, Viktor Orban, a indiqué avoir proposé à la présidence européenne de garantir « le droit des pays à défendre » eux-mêmes leurs frontières.

Une source proche de la présidence française a jugé que la question de la souveraineté était un « faux débat », car « personne n’a jamais dit qu’un garde-frontière étranger imposerait sa décision dans le pays où il est posté ».

 

 

Nestor N'Gampoula et l'AFP

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