Mines : le cobalt congolais de nouveau sur le marché mondial

Mardi 16 Avril 2019 - 18:00

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Le Groupe Katanga Mining Limited a confirmé la reprise de l’exportation du minerai par sa filiale implantée en République démocratique du Congo, Kamoto Copper Company (KCC), après une interruption temporaire de plusieurs mois.  

Au quatrième trimestre de 2018, la société minière KCC avait pris la douloureuse décision de suspendre temporairement l’exportation du cobalt. A l’époque, la raison avancée était la détection de l'uranium dans l’hydroxyde de cobalt à des niveaux dépassant la limite acceptable autorisée pour l’exportation dans les principaux ports de la région. Cela n’a pas empêché des vives réactions du gouvernement contraint de revoir ses prévisions de recettes minières à la baisse. Une décision d’autant plus difficile pour la société que les cours du cuivre et du cobalt ont enregistré des pics significatifs entre fin 2017 et 2018. L’on parle plus exactement d’un triplement du prix du cobalt en deux ans.

Pour le pays, il s’agit d’un terrible manque à gagner. Environ 60 % du cobalt dans le monde viennent du sous-sol congolais, plus précisément de la riche province du Lualaba. Au regard de son rayonnement international, le Lualaba est reconnu aujourd’hui comme la capitale mondiale du cobalt. L’on estime que près de cent cinquante mille creuseurs  qui s’activent dans l’exploitation artisanale du cobalt et du cuivre dans cette partie du pays. Il s’agit tout de même d’une activité qui couvre environ 20 % des activités du gouvernorat provincial.  

Selon le communiqué du Groupe Katanga Mining Limited, la société a mis tout en œuvre pour corriger la lacune à l’origine de la suspension temporaire. Actuellement, sa filiale est en mesure de proposer un produit à faible teneur de radioactivité, conformément à la réglementation nationale. "Les faibles niveaux de radioactivité détectés à ce jour dans l’uranium ne présentent aucun risque pour la santé et la sécurité", a-t-elle assuré. 

Par ailleurs, une solution technique à long terme sous la forme d’une installation d’échange d’ions serait même en discussion entre KCC, le ministère des Mines et l’Agence congolaise de l’énergie atomique. Au-delà, d’autres pistes sont examinées pour mettre au point diverses solutions alternatives, opérationnelles et réglementaires pour relancer l’exportation et la vente de cobalt.

Selon les dernières informations en notre possession, KCC a produit environ neuf cent trente tonnes de cobalt confiné conforme aux réglementations applicables depuis janvier dernier. Malheureusement, la situation du marché mondial a bien évolué depuis le début de cette année, avec une chute du cobalt qui ne manquera pas d’avoir un impact sérieux sur l’économie congolaise.

Laurent Essolomwa

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