Musique: Michel Boyibanda lancé dans sa carrière par Franklin Boukaka

Jeudi 16 Mai 2019 - 20:51

Abonnez-vous

  • Augmenter
  • Normal

Current Size: 100%

Version imprimableEnvoyer par courriel

Michel Boyibanda est l’un des artistes qui ont marqué la musique des deux Congo. Il a débuté aux côtés de Franklin Boukaka, dans l’orchestre Negro Bande, en 1958, avant de devenir sociétaire des Bantous de la capitale puis de l'OK Jazz.

« N’est pas musicien qui le veut », dit le dicton. Né dans une famille des musiciens, Michel Boyibanda ne passera pas par une école de musique pour être bon chanteur. C’est Franklin Boukaka qui fera sa découverte à Dolisie, dans le département du Niari, en 1958-1959, pendant qu’il était en formation d’agronomie au Centre agricole accéléré de la Mouindi, à 40 km de la capitale de l’or vert. « Je suis de ceux qui devaient partir en Europe pour devenir un jour ingénieur agronome en 1958-1959. Tous les week-ends, nous descendions à Dolisie et dimanche soir on rentrait. Les fêtes de Pâques 1958, un orchestre va descendre à Dolisie composé de Franklin Boukaka, un guitariste plus un batteur pour jouer », se souvient Michel Boyibanda.

Et d’ajouter: « Ils ont interprété une chanson d’un musicien français. Quand ils ont fini, j’ai demandé à Franklin de la reprendre. Ils l’ont reprise. Je lui ai demandé si je pouvais chanter avec lui. Il a accepté. Je chantais si bien qu’il me demandera si j’étais musicien. Je lui ai dit non. Je suis à l’école. Malgré mon refus, il ne croyait pas ».

Franklin Boukaka lui proposera de le suivre à Pointe-Noire où l'orchestre devait livrer des concerts, avant de partir pour le  Cabinda où ils passèrent deux mois. A leur retour, ils traverseront le Pool Malebo où ils créent à Kinshasa l’orchestre Negro Band pour concurrencer Nganga Edo et Vicky Longomba qui étaient déjà dans l’Ok Jazz.

Michel Boyibanda connaîtra alors un succès fou qui le détournera de sa formation d’ingénieur agronome. Au lieu d’aller se faire former en France, il se consacrera à la musique. Le destin était alors au rendez-vous.

Avec Franklin, il va regagner Brazzaville le 4 janvier 1959 à cause de la guerre de l’indépendance qui sévissait à Kinshasa. Nganga Edo, Nkouka Célestin et bien d’autres créeront Negro Jazz. Invité à Kinshasa, cet orchestre va se disloquer sur place. Les musiciens seront récupérés par Oscar Kantchama pour créer l’Ok Jazz, un groupe composé au départ des artistes-musiciens de Brazzaville avant que Franco n’en soit le patron plus tard.

De retour à Brazzaville, Michel Boyibanda quittera les Negro Band pour Les Bantous de la Capitale, en 1963. L’arrivée de Papa Noël va bouleverser la donne, émerveillant tout le monde avec sa guitare.

Face à la concurrence des orchestres de Congo Kinshasa, il cherchera à apporter une nouvelle touche mais est incompris. Il décidera de claquer la porte pour suivre les autres de l’autre côté de la rive. Mais Jean Serge Essou lui dira de revenir. Car Nkouka Célestin, Edo Nganga et De la Lune avaient regagné l’Ok Jazz. Il aura deux titres dans le groupe : "Masuwa e nani", "Essou a yambi ngaï". Pamelo Mouka va se faire recruter plus tard mais avait du mal à s’imposer. « Or, celui-ci fournissait des chansons à Tabu Ley. Un bon nombre des chansons chantées par ce dernier étaient composées par lui », a révélé Michel Boyibanda.  

Les deux se rendront à Kinshasa sur invitation de Tabu Ley. L’objectif était de déstabiliser le groupe brazzavillois. Les choses ne se passant pas comme prévu, il intègrera l’Ok Jazz sur proposition de Luambo Makiadi Franco vers la fin de 1963. Il livrera son premier concert le 14 avril 1964, aux côtés de Vicky Longomba, Nganga Edouard et Kwami. C’est dans Ok Jazz finalement que la chanson "Masuwa e nani" sera enregistrée.

Michel Boyibanda quittera l’Ok Jazz en 1977, pour monter un groupe avec d'autres Congolais de Brazzaville résidant à Kinshasa. Par bonheur, en séjour à Brazzaville, il rencontrera le président Marien Ngouabi accompagné de sa femme dans le magasin Mono Prix. Lui adressant ses félicitations, le président lui dit : « Le jour où ça ne marchera pas, reviens au Congo. Tu portes haut le drapeau du pays ». Marien Ngouabi ordonnera alors qu’on lui achète des instruments de musique. L’orchestre "Les trois frères", composé de Loko Massengo, Youlou Mabiala et Michel Boyibanda verra le jour. Après son éclatement, lui et Max Massengo vont reprendre l’orchestre Negro Band mais pas pour longtemps. Il arrêtera définitivement sa carrière musicale en 2015 à la suite d'un accident cardiovasculaire.

 

A Ferdinand Milou

Légendes et crédits photo : 

Michel Boyibanda sur scène

Notification: 

Non