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Mercredi 22 Juillet 2020 - 18:42

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Une vidéo montrant le premier secrétaire de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale-Upads-, interviewé par un confrère d'Africa-24 fait le buzz sur les réseaux sociaux. Et pour cause. Pascal Tsaty Mabiala, qui est aussi le chef de l’opposition constitutionnelle au Congo ne fait pas l’unanimité des internautes quand il évoque la situation de certaines personnalités de l’opposition visées par la justice. S’ils ont le propos mesuré, ces internautes l’accusent de rouler pour le pouvoir en place, sinon ils le soumettent à des attaques personnelles, un procédé connu pour être moyennement profitable à la compréhension des événements puisqu’il choisit de déplacer les centres d'intérêt d'un débat qui peut être pertinent au départ.

Selon toute vraisemblance, la vidéo en question avait été tournée il y a quelques années, certainement en 2016, dans les circonstances autres que celles d’aujourd’hui. Elle est remise à jour au moment où, en raison de son état de santé jugé préoccupant, l’une des personnalités concernées, le général Jean-Marie Michel Mokoko, condamné à la suite d’un procès pour atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat, mobilise l’attention au plan national et extérieur. Il est difficile de présumer des intentions des initiateurs de cette pression médiatique. S’ils tentent adroitement d’enfoncer le chef de l’opposition le faisant passer pour le complice des malheurs de ses amis politiques, leur démarche ne plaide pas nécessairement la cause du prisonnier. Non, ces internautes prennent du plaisir à jouer sur les claviers de leurs moyens de communication sophistiqués.

Par contre, sur le même dossier, les responsables de l’Initiative pour la démocratie au Congo-IDC-, qui se présentent comme les compagnons de route du général Mokoko, ont décidé d’explorer une autre voie : approcher les institutions de la République pour échanger avec leurs principaux dirigeants et poser le problème de leur collègue avec sérénité. Si l’on en croit les déclarations relayées par la presse brazzavilloise, Michel Mampouya, animateur de l’IDC reconnaît les vertus du contact direct. Il rapporte qu’au nom de la fédération de l’opposition, sa responsable, Claudine Munari, a successivement rencontré le directeur de cabinet du président de la République, le vice-Premier ministre ainsi que le secrétaire général du Parti congolais du travail-PCT.

Ce jeudi, 23 juillet, Michel Mampouya et les membres de son groupement tiennent un conseil national extraordinaire. Ils devront peut-être, à cette occasion, éclairer l’opinion sur l’issue de ces entrevues. Sans doute se disent-ils que s’adresser aux autorités de la République, garantes de l’ordre public et de la continuité de l’Etat est un choix judicieux plus que verser dans la surenchère des médias sociaux. La communication étant au cœur de l’activité humaine, on ne peut empêcher à personne de naviguer, twitter, poster une vidéo sur internet et s’en réjouir. En revanche, quand il s’agit des questions des droits et des devoirs des citoyens, de préserver les libertés publiques et privées, l’opposition, même la plus radicale, peut se montrer raisonnable. En privilégiant la construction d’un compromis.

Les Dépêches de Brazzaville

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