Opinion

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Ormuz

Mardi 1 Août 2017 - 16:54

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Nous l'avons écrit ici même tout au long des derniers mois, les tensions qui ne cessent de s'aggraver au Proche et au Moyen-Orient provoqueront tôt ou tard un affrontement meurtrier entre l'Iran, l'Arabie Saoudite, Israël, la Turquie, l'Egypte, les Emirats arabes et autres nations de second ordre. Un affrontement d'autant plus grave que des puissances extérieures comme les Etats-Unis et la Russie, considérant à juste titre cette partie du monde comme un enjeu vital pour leurs propres intérêts, y interviendront probablement de façon directe.

Au cœur de cette bataille qui ne dit pas encore son nom se trouvent les immenses réserves de pétrole et de gaz qui permettent aux nations de l'hémisphère nord de se procurer une bonne partie des hydrocarbures nécessaires pour le fonctionnement de leurs industries. Avec un passage obligé qui est le détroit d'Ormuz, porte d'entrée du Golfe arabo-persique par laquelle transitent obligatoirement les navires chargés de pétrole et de gaz à destination de l'Europe, de la Chine, de l'Amérique du nord.

Les incidents qui s’y sont produits ces derniers jours entre la marine iranienne et la marine américaine montrent qu'un dérapage est possible à tout instant. Un dérapage qui provoquerait inévitablement la fermeture au moins temporaire du détroit et génèrerait un conflit ouvert entre l'Iran et les Etats-Unis, conflit d'autant plus dangereux qu'il conduirait Téhéran à accélérer le processus de construction d'une force nucléaire destinée à neutraliser celle dont s'est doté Israël avec l'aide de la France pour assurer sa survie.

Si le détroit d'Ormuz se ferme, le Golfe de Guinée deviendra instantanément l'objet de toutes les attentions. Avec les effets positifs et négatifs que cela implique : poussée spectaculaire des économies, redressement des finances des pays concernés - le nôtre tout particulièrement -, accélération du progrès social et du processus d'émergence, mais aussi tentatives de mise sous tutelle par les grandes puissances et aggravation des rivalités régionales.

Rien, bien sûr, n'est écrit par avance dans l'Histoire des hommes, mais les Etats de l'Afrique centrale feraient bien de se préparer au changement brutal que provoquera inévitablement la crise en gestation à sept mille kilomètres d'eux.   

 

 

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