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Ormuz

Jeudi 25 Avril 2019 - 11:22

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Que les propos agressifs tenus ces dernières heures contre les autorités iraniennes par le président des Etats-Unis, Donald Trump, aient provoqué une nouvelle flambée des cours du pétrole sur les marchés mondiaux n’a rien d’étonnant. Et, reconnaissons-le, nous ne saurions nous en plaindre, nous Congolais qui avons payé au prix fort la chute du prix du baril sur ces mêmes marchés, il y a quatre ans.

Mais le trouble qui se profile à l’horizon s’annonce infiniment plus grave que celui, d’ordre financier, provoqué par la décision du locataire de la Maison- Blanche d’empêcher l’Iran d’exporter les hydrocarbures dont ce pays est l’un des plus grands producteurs. Incapable de prévoir les conséquences inévitables de ses actes, exactement comme le fit George W. Bush lorsqu’il donna l’ordre à ses services d’abattre Saddam Hussein en Irak, Donald Trump jette, en effet, de l’huile sur un feu qui couve depuis des décennies et qui risque fort d’embraser maintenant le Proche et le Moyen-Orient.

La preuve nous en a été donnée ces dernières heures lorsque de hauts responsables militaires iraniens ont évoqué ouvertement, sinon la fermeture du détroit d’Ormuz du moins la mise en  place de contrôles rigoureux qui perturberont profondément la sortie des pétroliers qui le franchissent chaque jour pour gagner les autres continents. Un couloir maritime que contrôle Téhéran et par lequel transite l’essentiel de la production des hydrocarbures du golfe Persique.

La crise qui se profile à l’horizon n’a, dira-t-on, rien de bien nouveau ; nous l’avons, d’ailleurs, évoquée ici même à plusieurs reprises. Mais elle prendra à coup sûr une dimension planétaire si les Etats-Unis vont jusqu’au bout de leur logique et empêchent l’Iran de vendre à la Chine, à l’Inde ou à d’autres grandes puissances industrielles les cargaisons de pétrole dont dépend son propre développement. Tout simplement parce que les autorités de Téhéran n’auront alors d’autre solution, pour se défendre, que de bloquer le détroit d’Ormuz.

Soit dit en passant et pour conclure à nouveau très provisoirement sur le sujet, la crise dont nous vivons les premiers instants dans cette partie du Levant fera des pays producteurs de pétrole du golfe de Guinée les acteurs majeurs du marché mondial des hydrocarbures. Nous ne saurions nous en plaindre !

 

 

Les Dépêches de Brazzaville

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