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Otan laisser tomber...

Samedi 7 Décembre 2019 - 17:44

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Ou réformer l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan), dont les dirigeants des vingt-neuf Etats membres étaient réunis, les 3-4 décembre, à Londres, la capitale du Royaume-Uni, pour les soixante-dix ans de son existence ? Au regard des tensions apparues dans le sillage de ces retrouvailles où l’on a vu les présidents français, américain et turc se tancer comme jamais auparavant, il est clair que cette structure créée, en 1949, pour conjurer la menace communiste, a besoin d’être repensée.

Non seulement, en effet, son alter-ego, le Pacte de Varsovie, construit en 1955, sous la houlette de l’ex-Union des républiques socialistes soviétiques-URSS- et qui regroupait les pays de l’Europe orientale socialiste, a disparu en 1991, conséquence de la chute du Mur de Berlin deux ans plutôt, mais les défis du monde actuel ne sont peut-être plus quantifiables en termes de division Est-Ouest.

On voudrait, sans posséder la perspicacité des stratèges de l’organisation politico-militaire occidentale basée à Bruxelles, en Belgique, comprendre qu’un enjeu comme celui de la lutte contre le terrorisme pouvait aider à la convergence de vues dans un cadre multilatéral, plus consensuel, qu’est l’ONU.

C’est vrai, penser ainsi serait croire que le terrorisme répondrait d’un Etat, avec un territoire, une population et des frontières qui lui permettraient de défendre ses intérêts. Ce serait imaginer la même chose de l’ONU. Or il n’en est rien. D’où cette fixation autour d’objectifs précis, les autres puissances externes à l’Alliance, bien sûr, qu’il est convenu de traiter telles quelles, des ennemis potentiels susceptibles de rebondir à tout moment et faire mal.

Depuis qu’elle a entrepris de s’élargir vers l’est, raflant sur son cours ses anciens satellites du temps de la guerre froide, l’Otan fait peur à la Russie et ne cesse de nourrir elle-même pour la Chine, de plus en plus compétitive sur tous les plans, une réelle appréhension. Voilà autant de dispositions d’esprit différentes, qui ne facilitent pas la mise en commun par les Etats d’une stratégie de démantèlement de la nébuleuse terroriste. Ces divergences vont de la définition de ce qu’est la menace terroriste pour les uns et des autres, des moyens à mobiliser pour y faire face et des résultats attendus.

Quand le Français Emmanuel Macron moque une Otan en « état de mort cérébrale », ne fait-il pas allusion au soutien inespéré que son pays attend de ses amis dans l’engagement des troupes de l’hexagone au Sahel ? Quand le Turc Recep Tayipp Erdogan dit ne rien comprendre de l’attitude de ses alliés devant son positionnement au nord de la Syrie, n’est-il pas confronté à la définition de la menace par ces derniers ? Et quand au milieu de tout ceci, l’Américain Donald Trump parle argent, taxes et surtaxes pour ce que ses alliés doivent verser comme contribution pour la survie de leur organisation commune, n’alerte-t-il pas sur les difficultés à la fois financières et mêmes conceptuelles réelles auxquelles fait face celle-ci ?

Autant le dire calmement, comme le pacte de Varsovie qui ne survécut pas à la chute du Mur de Berlin, l’Otan est à un tournant de son histoire. Il reste qu’il est difficile d’abandonner ses rêves. La raison d’être de l’Alliance atlantique ayant quasiment disparu, le problème de ses Etats-parties est qu’ils ne veulent simplement pas s’avouer vaincus.

Gankama N'Siah

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