Paris sportifs: le phénomène prend de l’ampleur à Brazzaville

Lundi 25 Mars 2019 - 17:26

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Dans toutes les artères de la ville, jeunes et adultes prennent d’assaut les kiosques à longueur de journée pour parier sur les résultats des matchs de football. L'engouement suscité fait croire à une activité génératrice de revenus à part entière.

Les paris sportifs sont devenus une véritable activité au profit de toutes les couches sociales, prenant à Brazzaville le dessus sur les Paris mutuels urbains  et autres courses de chevaux. Les sociétés concernées ont placé, dans la plupart des grandes villes du Congo,  des kiosques à cet effet, multipliant par la même occasion des applications de paris en ligne.

« Le Pari foot est un jeu de chance qui peut nous permettre de gagner une fortune. Un jour, j’ai misé pour trois cents, j’ai joué quinze matchs et j’ai gagné quatre-vingt mille francs CFA. Je suis commerçant et l’argent que je gagne en jouant me permet de faire avancer mon commerce », a déclaré Medy Kissama, un parieur.

« Je suis gérante d’un kiosque. Je reçois beaucoup de parieurs chaque jour et moi-même aussi je joue souvent. Ce jeu m’aide à gagner ma vie au lieu de rester à la maison à ne rien faire et je m’en sors plutôt bien », a renchéri Rachelle.

L’enthousiasme des jeunes pour ces jeux de hasard s’explique premièrement par le manque d’emploi, le pari sportif leur donnant l’illusion d’avoir une occupation et surtout l’espoir de gagner de l’argent. Ensuite, il y a aussi la passion pour le sport en général et le football en particulier, d’autant plus que lors des grands rendez-vous comme la Ligue des champions, ces parieurs misent de plus en plus sur les gros tickets. 

Ce qui est déplorable, c’est l’effet dévastateur de ces paris sur beaucoup de ceux qui y participent, dont plus de la moitié a moins de 35 ans. De nombreux jeunes sont parfois obligés d’emprunter de l’argent pour aller jouer. Lorsque les paris ne sont pas gagnants, comme c’est le cas pour 70% d’entre eux, les joueurs se trouvent en situation désespérée qui les expose à la criminalité. « Je suis un grand parieur, mais je travaille. J’épargne souvent mille ou deux mille francs CFA dans mon salaire pour jouer. Cependant, c’est un danger pour ceux qui ne travaillent pas car quand ils perdent, ils sont parfois obligés d’aller voler pour rejouer, voilà pourquoi le jeu est interdit aux moins de 18 ans », a affirmé un parieur qui a requis l’anonymat.

Etant donné que les sociétés des paris sportifs apportent des recettes fiscales supplémentaires aux Etats, le gouvernement devrait établir des règles de régulation afin de protéger la population vulnérable.

Reiltony Louboko (stagiaire)

Légendes et crédits photo : 

Des parieurs devant un kiosque/Adiac

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