Patrimoine culturel : Franck Riester soutient la circulation des œuvres africaines

Vendredi 7 Décembre 2018 - 13:02

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Le ministre français de la Culture a confié récemment au Journal du Dimanche que les milliers d'objets d'art africains qui sont dans les musées en France devront «circuler» avec les autorités compétentes sans pour autant que cela se traduise par un transfert de propriété.

"Les jeunes Africains doivent avoir accès à leur patrimoine", a déclaré Franck Riester. Mais, "Il ne s'agit pas de vider les musées, mais de travailler étroitement avec eux sur l'objectif de faire circuler les œuvres'', a-t-il ajouté. Avant de poursuivre : "Notre objectif est très clair : les jeunes Africains doivent avoir accès à leur patrimoine, mais aussi à celui de l'humanité. Cela passe par des restitutions mais aussi par des prêts, des dépôts à long terme, des expositions, des échanges d'ingénierie muséale. Il ne s'agit pas de vider les musées, mais de travailler étroitement avec eux sur l'objectif de faire circuler les œuvres". Cette dernière proposition le range derrière celle de l'Académie des Beaux-Arts et du musée du Quai Branly, favorables à une circulation des œuvres plutôt qu'à leur restitution massive.

Selon le Code du patrimoine, ces objets (œuvres d'art) sont inaliénables, comme toutes les collections des musées français.  Une restitution massive est préconisée dans le rapport des deux universitaires, Bénédicte Savoy, professeure au Collège de France, et Felwine Sarr, professeur en économie à l'université de Saint-Louis au Sénégal. Ceux-ci se sont prononcés pour une restitution par la France de dizaines de milliers d'œuvres d'art africaines, pillées pendant la colonisation ou acquises à bas prix.

Le président français, Emmanuel Macron, a décidé de restituer vingt-six objets au Bénin, en l’occurrence des prises de guerre de l'armée française en 1892. Face à ce qui apparaît comme une impasse, Franck Riester a estimé que "l'inaliénabilité des œuvres" était "un principe important mais, comme tout principe, il peut y avoir des exceptions et cela pourrait être le cas avec le Bénin", soutenant: "Une étude juridique est en cours. S'il faut passer par une loi, nous le ferons".

Le Sénégal vient d'inaugurer, à Dakar, son Musée des civilisations noires, un projet concrétisé un demi-siècle après son lancement par Léopold Sedar Senghor, lors du premier festival mondial des arts nègres en 1966, dans cette ville. D'une surface de 14 000 m², ce musée pourra accueillir dix-huit mille pièces, où ''il y aura une facette de chaque partie de l'Afrique", a déclaré son directeur, Hamady Bocoum, assurant que le musée pourra accueillir des œuvres d'autres pays du continent moins bien dotés.

Noël Ndong

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