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Pour 2018

Mardi 2 Janvier 2018 - 9:14

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A chaque année ses bonnes et mauvaises nouvelles, mais à chaque fois la sagesse, l’espérance et le courage commandent, comme chantait l’artiste, de toujours savoir prendre la vie du bon côté. Vous aviez une attente forte qui ne s’est pas accomplie l’année dernière ? Eh bien, tentez de la reprogrammer cette année-ci, en ayant à cœur la notion de relativité : parfois, gagner tôt peut ne pas être synonyme d’en jouir longtemps. Parce que le destin est un phénomène insaisissable. Il se réalise à son heure. Vouloir en précipiter les échéances peut en contrefaire les fondements.

Pour l’année qui commence, donc, choisissez l’optimisme comme compagnon, attachez-vous à ne pas oublier ceux qui vous sont proches et ceux qui viennent à vous. Quand vous devez partager le peu que vous avez, faites-le de bon cœur, de très bon-cœur, mais n’espérez pas en retour de le récolter de la même façon de la personne que vous aurez assistée. Laissez plutôt le ciel agir, car lui seul a le temps nécessaire de rétribuer chacun en fonction de ce qu’il a donné. Quand on parle du ciel, évidemment, on sait de qui il s’agit, donc pas besoin de photo.

Chez nous, au Congo, l’avertissement était venu d’une voix autorisée, si on se souvient bien, que 2017 devait être une année plus difficile pour tout le monde. Pour les finances publiques, pour le panier de la ménagère, pour les grandes, petites, moyennes entreprises et industries, pour l’activité individuelle, bref une année pénible pour les bouches à nourrir. On voit qu’elle a laissé des traces en termes d’arriérés de salaires, bourses, pensions et indemnités. Seront-ils « rattrapés ? », se demande-t-on en se projetant sur ce que ces appointements « retardés » pourraient avoir de bénéfique pour chacun le jour où ils seront versés.

En avance sur les prédictions liées à la santé économique du monde, les experts du domaine ont sans doute en boîte déjà les taux de croissance dans les cinq continents. Moyennant des marges d’erreurs inhérentes à la nature spéculative de leur métier, ils savent à peu-près à quelle enseigne sera logé le pétrole les douze prochains mois. En palpant l’or, le diamant, le cobalt, le fer, le bois, le manganèse, le cacao, le café, la banane, l’ananas, le cannabis, ils spéculent sur ce que sera le marché de ces matières premières demain. Puis, ils distribueront des bons et des mauvais points aux économies qui ne se relèveront pas, ou ne s’efforceront pas de progresser du fait de leur absence de compétitivité, du fait d’une mise en œuvre ratée des réformes édictées. Avec la mondialisation, rien ne se cache désormais plus.

En fait, dans une certaine mesure, une nouvelle année n’apporte parfois que peu de choses si on considère qu’elle hérite bien souvent du passif de l’année précédente. Surtout si celui-ci a eu pour écueils le rétrécissement des sources de revenu, et si en plus, comme dans le cas du Congo et de certains de ses voisins, la quiétude sociale est perturbée par les violences armées. On a à cœur, en République démocratique du Congo, de voir le processus électoral annoncé se dérouler avec fair-play. En Centrafrique, que le petit équilibre procuré par les dernières élections générales ne soit pas sacrifié à la lutte pour le pouvoir.

Au Congo Brazzaville, que les préalables ne s’ajoutent pas aux préalables afin que le texte d’accord du 23 décembre ne soit pas le prétexte à une spéculation médiatique interminable alors que la population civile exposée n’a pas où poser ses affaires. En gardant un peu d’espoir, bonne année alors !

Gankama N'Siah

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