Présidentielle : le trio de tête se dessine

Mercredi 28 Novembre 2018 - 17:54

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Les quarante millions d’électeurs enrôlés par la Céni devront faire le choix entre Emmanuel Ramazani Shadary du FCC, Martin Fayulu de « Lamuka » et Félix Tshisekedi du Cach qui, en cette période de campagne électorale, ont, chacun, pris une option sérieuse de remporter le challenge présidentiel.

Une semaine après le lancement de la campagne, le jeu électoral tend à se préciser. De vingt et un candidats qui concourent à la présidentielle du 23 décembre, force est de constater que seulement trois font parler d’eux et tentent de se démarquer du peloton. Il s’agit de Ramazani Shadary, candidat désigné du Front commun pour le Congo (FCC), de Félix Tshisekedi porté par la coalition  Cap sur le changement  (Cach) et de Martin Fayulu aligné par la plate-forme « Lamuka ». Ces trois leaders font déjà montre de certaines dispositions qui traduisent leur détermination d’être portés au perchoir de la République au terme de la compétition électorale. Ils sont, en effet, très actifs sur le terrain et drainent du monde à leur apparition.

Le retour au pays, mardi, de Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe, tous deux signataires de l’accord de Nairobi au terme duquel le second s’est effacé au profit du premier, aura donné un sérieux indicateur quant à la popularité dont jouissent ces deux leaders représentant les deux premières forces politiques de l’opposition. La marée humaine qui a déferlé, malgré la pluie, à l’aéroport international de N'Djili pour les accueillir, traduisait leur ancrage au sein d’une population kinoise plutôt réputée contestataire. Cela est à prendre très au sérieux, quand bien même, comme argumentent les partisans de la coalition au pouvoir,  Kinshasa n’est pas le Congo.

A l’opposé, Martin Fayulu, pourtant soutenu par trois poids lourds de l’opposition, en l'occurrence Moïse Katumbi, Jean- Pierre Bemba et Adolphe Muzito, n’avait pas réussi à mobiliser autant de monde à son retour au pays, donnant des ailes à la mouvance présidentielle qui a surfé sur cet échec pour capitaliser ses chances de remporter la présidentielle. D’autant plus que son candidat, Ramazani Shadary, a non seulement les moyens de battre campagne mais aussi, peut s’assurer du soutien du Congo profond en s’appuyant sur l’implantation du parti présidentiel, le PPRD. C’est non sans raison que le dauphin de Joseph Kabila a choisi le Grand Katanga pour lancer avec pompe sa campagne électorale sur toute l’étendue du pays.

Après Lubumbashi, Likasi, Kolwezi, Kamina, il entend mettre le cap sur Kalemie tout en ratissant large à chacun de ses passages, communiant avec une population visiblement acquise à sa cause. Comme cela est de bonne guerre, le candidat FCC a sévèrement vilipendé les candidats de l'opposition qu’il dit ne pas être prêts à aller aux élections et qu’en lieu et place, ils veulent plutôt des troubles. « Quand ils viendront, vous n’allez pas les recevoir. Même s’ils arrivent, vous allez seulement les écouter. Ils voudront brûler les machines à voter », a-t-il dit à la foule à l’étape de Likasi.

Cela étant, l’on tend vers un cas de figure où le candidat FCC sera seul face à deux candidats de l’opposition, Félix Tshisekedi et Martin Fayulu. Ce qui, sur papier, lui donnerait un sacré avantage eu égard à l'éparpillement des voix auquel pourrait donner lieu l’absence d’un candidat commun de l’opposition. D’où les appels que ne cessent de lancer plusieurs acteurs de ce bord politique devenus subitement les chantres d’un rapprochement entre d’une part, le Cach et, de l’autre, la coalition « Lamuka ».

Félix Tshisekedi a déjà tendu la main à ses partenaires de l’opposition en affichant clairement sa disponibilité à coaliser avec eux afin de cristalliser les efforts autour d’un seul candidat et maximiser ainsi les chances de parvenir à l'alternance. Une requête qui n’aura pas trouvé d’échos auprès de ceux à qui elle était adressée. Dans les colonnes de Jeune Afrique, Moïse Katumbi, président d’Ensemble pour le changement, a exclu cette hypothèse. Lui, tout comme Jean-Pierre Bemba et Adolphe Muzito, continuent de soutenir Martin Fayulu. Déjà, la présence de leurs principaux lieutenants dans l’équipe du leader de l'Ecidé est une preuve éloquente de leur refus de pactiser avec Félix Tshisekedi, à moins d’un revirement tout aussi improbable.

Tout compte fait, au-delà des intentions de vote telles que révélées dans les derniers sondages plaçant tel ou tel autre en tête de liste, sans oublier les bains de foule que font drainer les candidats, le vrai thermomètre demeure la vérité de l’urne. Les quarante millions d’électeurs enrôlés par la Céni devront dorénavant faire le choix entre le trio de tête sus évoqué qui, vraisemblablement, devra compter sur les désistements éventuels d’autres candidats à la présidentielle qualifiés de menus fretins et dont la prétention à participer au challenge électoral n’aura compte que pour du beurre. A suivre.      

Alain Diasso

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