Présidentielle à Madagascar : trois ex-présidents parmi les favoris

Mardi 6 Novembre 2018 - 16:15

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Près de dix millions de Malgaches sont attendus dans les bureaux de vote, le 7 novembre, pour le premier tour du scrutin dans lequel s’affrontent trente-six candidats, dont les anciens chefs de l’Etat, Marc Ravalomanana (2002-2009) et Andry Rajoelina (2009 -2014), sans oublier le sortant Hery Rajaonarimampianina.

Les trois favoris à la présidentielle malgache ont tenu meeting pour le dernier week-end de la campagne. L’occasion pour eux de vanter leurs programmes phares.

 Andry Rajoelina a notamment annoncé la création d’une ville nouvelle, «Tana-Masaondro », destinée à donner un « nouveau visage » à la capitale. Deux jours plus tôt, lors d’une allocution plus solennelle, il avait résumé les trois cents pages de son « Initiative pour l’émergence de Madagascar », mettant notamment l’accent sur l’insécurité et l’autosuffisance alimentaire, en particulier concernant le riz.

Au même moment, Marc Ravalomanana haranguait ses partisans dans le stade Mahamasina (vingt-deux mille places). Tout au long d’un discours de deux heures, le candidat a insisté sur son "Manifesto", un corpus de dix mesures qu’il compte appliquer sans délai s’il est élu. Elles comprennent une meilleure sécurité, la construction de routes et le développement du système de santé.

Pour la fin de campagne de Hery Rajaonarimampianina, l’un de ses collaborateurs a expliqué qu’il s’est appesanti sur les thèmes de l’insécurité et du pouvoir d’achat. Soulignant que dans certaines régions, notamment dans le sud, les attaques de villages par des bandes armées volant les zébus ont poussé des habitants à fuir. Il a demandé aux Malgaches de lui donner plus de temps pour poursuivre les réformes engagées et met en avant le soutien que lui ont accordé les institutions financières internationales en promettant de financer son programme de développement.

Une vingtaine de candidats, dont l’ancien président Didier Ratsiraka et le Pasteur Mailhol, ont axé leurs messages respectifs sur la dénonciation de supposées fraudes électorales massives. Ils affirment notamment que la liste électorale contient des dizaines de milliers de doublons et que le territoire est truffé de bureaux de vote fictifs.

À l’inverse, les institutions électorales, le gouvernement et tous les partenaires internationaux, dont les missions d’observation, ont jugé fiable le processus. Le haut représentant de l'Union africaine, Ramatane Lamamra, l’a même qualifié d’« exemplaire ».

Ces candidats contestataires ont déjà évoqué tout au long de la campagne, à demi-mot, leur refus des résultats. Ce qui pourrait laisser présager une crise postélectorale, comme en a connu Madagascar en 2002, à la suite d’un premier tour contesté entre Didier Ratsiraka et Marc Ravalomanana.

Yvette Reine Nzaba

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