Processus électoral : le CLC durcit sa campagne contre la machine à voter et le "fichier électoral corrompu"

Mardi 9 Octobre 2018 - 16:44

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Les laïcs catholiques expliquent que leur action a pour objectif de fédérer toutes les énergies populaires disponibles sur la base de deux motivations essentielles : le caractère spécial des élections en cours et le danger que représentent les deux « impositions ».

Le Comité laïc de coordination (CLC) promet de mener sa campagne contre la machine à voter et le « fichier électoral corrompu » jusqu’au mois de décembre. Celle-ci, a-t-il fait savoir, portera sur deux volets essentiels : une sensibilisation tous azimuts aux méfaits de la machine à voter et du fichier corrompu et une pétition générale contre cette double « imposition ». Les laïcs catholiques martèlent que les élections attendues dans le pays doivent impérativement avoir lieu à la date fixée du 23 décembre. En cas de nouvelles défaillances après sept ans de préparation et de prolongation de ces élections, le CLC avise qu'il serait en droit de conclure à l’incompétence et à la mauvaise foi des animateurs de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) et celles des pouvoirs publics.

Le CLC a lancé sa campagne le 7 octobre, expliquant que cette date choisie était d’une importance stratégique parce qu'elle a été retenue de manière expresse dans le calendrier électoral de la Céni pour « le démarrage de l’opération d’impression, de conditionnement et de livraison des bulletins de vote, des procès verbaux et des fiches de résultats », en attendant « le déploiement de ces matériaux, à partir du 16 novembre, vers les sites de formation ». Cette tâche de production, de diffusion et de redistribution des documents électoraux, a noté le CLC, est capitale pour la crédibilité des votes qui vont avoir lieu dans quelques semaines. 

Les laïcs catholiques fondent également leur campagne sur le fait que la Céni n'applique pas rigoureusement, selon eux, le calendrier électoral qu’elle a elle-même promulgué par sa décision n° 065 du 5 novembre 2017. Entre-temps, poursuvent-ils: « une initiative audacieuse et unilatérale est intervenue de déclasser les bulletins de vote au profit d’une certaine machine à voter », se emandant: « Dans ces élections de tous les dangers, combinant trois scrutins différents, dans ce grand pays qui connaît au quotidien des situations de pénurie énergétique grave, quelle instance irresponsable a pu se permettre de lancer aux Congolais un défi aussi énorme et suicidaire ? Qui s’est octroyé le pouvoir de s’écarter de l’application rigoureuse de la loi électorale en vigueur pour oser substituer le bulletin de vote à l’écran tactile ? ».  Le CLC a rappelé que la nouvelle loi électorale, promulguée le 24 décembre 2017, précise les délais de distribution des bulletins de vote, leur mode d’utilisation et les modalités de leur comptabilisation. Nulle part, ont insisté les laïcs catholiques, il n’est question du vote électronique qui est, d’ailleurs, interdit d’utilisation pour les élections en cours.

Promettant de disponibiliser un document approprié concernant les « dix raisons pour dire non à la machine à voter », le CLC a signifié que même la recommandation de l’Accord de la Saint-Sylvestre « d’explorer les voies et moyens de rationalisation du système électoral pour réduire les coûts excessifs des élections », du reste adressée non pas à la Céni mais au gouvernement, ne pouvait justifier une telle « initiative audacieuse et unilatérale ».

Des sanctions

Le CLC regrette qu’aucun consensus ne semble avoir été recherché au préalable pour autoriser un « revirement aussi périlleux dans un processus déjà en cours et consentir d’aussi importants décaissements, de surcroît au sujet d’une technologie douteuse dont la RDC servirait de champ d’expérimentation ». Il affirme que ces comportements appellent des sanctions devant la loi, tant pour les dépenses engagées que pour le péril auquel toute une population continue à être soumise en hypothéquant son avenir.

S’agissant du fichier électoral, le CLC dit ne pas comprendre le manque d'empressement de la centrale électorale pour mettre en œuvre les recommandations de l’audit qu’elle a elle-même commandé auprès de l’OIF pour fiabiliser davantage ce fichier. Il en est de même, ont souligné les laïcs catholiques, des observations de la Fondation britannique Westminster pour la démocratie, qui n’ont été prises en compte que de manière sélective, en négligeant les remarques les plus fondamentales. « En moins de quatre-vingts jours de la date du 23 décembre 2018, la démarche de la Céni, au lieu de se soumettre à l’impératif du retrait de la machine à voter et de la révision du fichier électoral, demeure figée sur ses choix initiaux tant décriés. Par son entêtement, elle ne cesse de répandre le venin de la suspicion, épuisant le peu de crédit de confiance que les compétiteurs électoraux lui accordaient encore », a décrié le CLC, défendant ainsi l’initiative de sa campagne. 

 

Lucien Dianzenza

Légendes et crédits photo : 

Photo: Les membres du CLC

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