Projet Grand Inga : la société civile dénonce une gestion opaque

Mardi 12 Juin 2018 - 16:15

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Dans un communiqué conjoint publié le 6 juin, des organisations non gouvernementales (ONG) se disent inquiètes de la façon dont le gouvernement mène le projet, sans aucun souci de transparence.

La société civile fait constater, dans son document, que le gouvernement congolais n’était pas disposé à améliorer le niveau de la transparence dans la gestion du projet Inga 3. « Une situation ici traduite par l’absence d’une consultation préalable de la population et les communautés locales ; la rétention de l’information, notamment le cas de l’ordonnance n°004/018 portant dispositions complémentaires relatives au statut, à l’organisation et au fonctionnement de l’Agence pour le développement et la promotion du projet Grand Inga (ADPI ), non disponible pourtant adoptée le 9 janvier 2018 », ont affirmé les ONG dans leur communiqué.

La société civile s’estime marginalisée

Ces organisations regrettent également que la société civile, qui est partie prenante au projet, se retrouve très marginalisée dans le processus, puisqu’écartée sur le mécanisme de partage d’informations. « Pourtant, elle porte la voix des communautés locales et de la population congolaise », ont-elles fait savoir.

Face à ce constat amer, la société civile congolaise pense que soutenir un projet qui ne respecte pas les normes et lois au niveau interne et externe, notamment en rapport avec l’implémentation des études d’impacts environnementaux et sociaux avant le lancement des appels d’offres, ainsi que sur l’accès à l’information pour tous, serait soutenir un projet qui aura des effets irréversibles sur le pays. Ces effets, estiment les ONG, auront un impact direct sur l’environnement à travers la modification des écosystèmes fluviaux et la survie de certains espèces aquatiques ; le déplacement forcé des communautés locales ; ainsi que sur l’économie du pays avec un endettement probable. Fortes de toutes ces raisons, elles recommandent au gouvernement de la RDC de décréter un moratoire sur le projet Inga 3.

La réaction de la société civile aurait été motivée par des informations selon lesquelles le chargé de mission du chef de l’État chargé de l'ADPI, l’ex-ministre de l’Énergie, Bruno Kapandji Kalala, séjournerait à Paris depuis début juin et qu’il serait prévu, dans son programme, des réunions stratégiques avec un groupement conseil du gouvernement et deux consortia sur le projet d’Inga. Mais déjà ces ONG œuvrant dans le suivi du projet Grand Inga et Inga 3 mènent une campagne à travers Kinshasa et le Kongo central en vue de sensibiliser la population aux enjeux de ce projet ainsi qu’un plaidoyer en sa faveur. Cette campagne vise les étudiants de l’Ista et de l’ISPT, les leaders des associations des jeunes, des femmes, etc.

Lucien Dianzenza

Légendes et crédits photo : 

Le point de presse du lancement de la campagne de sensibilisation aux enjeux du projet Inga /Adiac

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