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Prospective (2)

Samedi 28 Juillet 2018 - 15:24

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Le risque – évoqué hier ici même –  que les dirigeants africains ne doivent pas sous-estimer est celui que constitue de facto le faible niveau de l'intégration régionale sur toute l'étendue du continent. Pourquoi ? Tout simplement parce que les grandes puissances qui sont sur le point de se lancer dans une guerre commerciale désastreuse à tous égards pour leurs propres peuples chercheront à tirer profit de l'égoïsme plus ou moins affiché des Etats et des gouvernements qui croient naïvement pouvoir négocier d'égal à égal avec la Chine, les Etats-Unis, l'Europe, l'Inde et la Russie.

Disons-le clairement au risque de susciter l'ire de quelques-uns, l'Afrique dans son ensemble ne tirera un vrai profit de la guerre commerciale et financière qui s’annonce que si elle est capable de s'entendre tout à la fois au plan régional et au plan sous-régional afin de présenter un front uni face aux ambitions plus ou moins avouées des "Grands". Et, pour cela, elle va devoir modifier sa gouvernance au sein de l'Union africaine tout comme au sein des organisations telles que la Cédéao, la CEEAC, la Cémac, la CIRGL, la CAE, la SADC, l’Afoa et autres institutions créées ces trois dernières décennies dans le but de donner un contenu concret à la coopération sous-régionale.

L'enjeu commercial, financier, industriel, agricole, social d'un tel mouvement est si grand qu'aucun Etat du continent ne peut plus aujourd'hui l'ignorer ou le sous-estimer. De deux choses l'une, en effet : ou bien la coopération l'emporte dans les mois à venir sur la tentation du repli sur soi et les bénéfices pour l’Afrique de la compétition dans laquelle vont se jeter les grandes puissances de l'hémisphère nord seront immenses, bien plus grands qu'on ne l'imagine; ou bien c'est le contraire qui se produit et l'Afrique sombrera à nouveau dans un colonialisme certes déguisé mais tout aussi néfaste, sinon même plus que le précédent.

Pour dire les choses de façon encore plus claire : nous sommes à la croisée des chemins. Avec un choix stratégique à opérer entre l'égoïsme et la coopération : l'égoïsme qui nous procurera quelques bénéfices immédiats mais nous assujettira de nouveau aux Grands de ce monde ; la coopération qui, bien au contraire, fera de nous tous des partenaires incontournables capables d’agir enfin sur un plan d'égalité vis-à-vis de ces mêmes Grands.

 

 

Les Dépêches de Brazzaville

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