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Samedi 12 Novembre 2016 - 12:30

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Les mots prononcés par Donald Trump, quelques heures après sa victoire à l’élection présidentielle américaine du 8 novembre étaient globalement apaisants. Ils tranchaient avec le ton, à bien des égards désobligeant, qu’il avait adopté durant la campagne électorale. En commençant par vénérer l’ancienne secrétaire d’Etat, sa rivale dans la course à la Maison Blanche, Hillary Clinton, le président américain nouvellement élu prenait immédiatement la posture de chef de l’Exécutif avec ce que cela comporte de hauteur et de magnanimité. « Elle a beaucoup travaillé pour notre pays et nous devons pour cela lui rendre l’hommage qu’elle mérite », plaidait Trump. A-t-il donc, peut-être, reconsidéré sa menace chaque fois répétée de présenter cette dernière à un juge s'il devenait président ? Peut-être!

Pour sa part, Hillary Clinton s’est montrée digne de son niveau de performance au cours de cette bataille pour le poste suprême qui l’a révélée, si ce n’était pas déjà le cas, comme une femme de conviction. Elle a félicité le vainqueur et s’est déclarée disposée à travailler avec lui pour le bien de leur pays. C’est une leçon d’humilité partagée que les deux personnalités qui s’écharpaient encore quelques heures auparavant ont donné au monde entier. À l’instant précis, ce qui compte pour le président élu est de mettre en œuvre son programme de gouvernement dès qu’il prendra officiellement la succession de Barack Obama, le 20 janvier prochain.

Pour parler du président Obama et du soutien inconditionnel qu’il a apporté à son ancienne secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, il faut craindre que cet échec « collectif » mais de dernière heure pour lui, n’entache en partie sa sortie officielle après deux mandats plutôt réussis à la tête de la première puissance mondiale. Au lendemain du sacre de son futur successeur, il a eu les mots qu’il faut pour saluer Donald Trump. Leur rencontre, le 10 novembre, a, dans une large mesure, détendu le climat postélectoral qui en avait fait presque de pires adversaires. On les imagine avoir accordé la priorité à leur Nation.

En revanche, ainsi qu’ils nous ont habitué à ce jeu, les experts en toutes les matières, capables de lire dans la boule de cristal et finalement aussi de se tromper gravement, avaient envahi les plus puissants médias de la planète pour délivrer leurs verdicts. Certains parmi eux sont devenus aphones, d’autres ont fait preuve d’honnêteté en reconnaissant qu’il leur arrive d’aller beaucoup trop vite en besogne. Même si, du fait de son programme jugé « flou », par les mêmes experts, le monde entier attend de voir quel président américain Donald Trump fera, et que deviendra l'Amérique elle-même d'ici-là, la fonction présidentielle est une responsabilité trop lourde pour que celui qui en a la charge ne prenne pas le temps d’en mesurer l’importance.  

Pour un pays comme les Etats-Unis d’Amérique, première puissance du monde, le nouvel élu sait que toutes les décisions qu’il prendra au plan extérieur auront des conséquences certaines à l’intérieur de frontières de celui-ci. Et quelles frontières ? Il serait hasardeux en effet de considérer ce pays dans sa seule sphère physique nord-américaine. Non, les Etats-Unis, c’est aussi les multiples portions de terrain qu’ils détiennent à travers le monde du fait de ses intérêts géostratégiques. Et comme tous les pays ayant des relations diplomatiques avec d’autres, les Etats-Unis, c’est aussi les nombreuses missions officielles qu’ils ont dans les cinq continents.

Pour cela, parler de bâtir des murs pour la sécurité des citoyens américains ou pour les intérêts américains dans ce monde devenu un et presque indivisible peut paraitre dérisoire. Dans sa posture de première puissance, il faut plutôt souhaiter que la période postélectorale qui s’instaure soit pour les Etats-Unis une période de tranquillité pour le peuple américain dont une bonne partie déçue des résultats électoraux manifeste son mécontentement dans la rue. Et si le futur nouvel exécutif choisit de se concentrer, en priorité, sur les problèmes intérieurs, qu’il sache mesurer aussi le mal qui a découlé, les décennies écoulées, les années passées, de l’élargissement de l'influence extérieure des Etats-Unis et s’avise de mieux apprécier la nature des menaces avant d’engager les représailles.

Gankama N'Siah

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