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Lundi 12 Mars 2018 - 19:43

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Il n’est pas besoin d’avoir une loupe ou de grosses lunettes pour constater que le regard porté sur l’Afrique par le monde extérieur change de façon radicale au fil du temps. Perçu, hier, comme un continent en devenir et « pas encore entré dans l’Histoire », cet immense espace, dont le dynamisme humain n’a pas d’équivalent sur cette Terre comme en témoigne le fait qu’à échéance de trente ans il abritera le quart de l’humanité, devient l’un des principaux acteurs de l’Histoire contemporaine. Il suffit, pour le comprendre, de considérer l’attention croissante que lui portent non seulement les grandes puissances, mais aussi et surtout les géants économiques et financiers européens, asiatiques ou américains.

Ce mouvement est d’autant plus intéressant que jusqu’à présent ces mêmes géants ne voyaient dans l’Afrique qu’un réservoir de matières premières aussi riche qu’inépuisable. Ne se souciant guère d’accompagner le continent dans sa longue marche vers l’émergence, ils poursuivaient, sans le dire, la démarche des puissances coloniales qui visait à mettre en coupe réglée cet immense espace géographique sans participer réellement à l’élévation du niveau de vie des populations qui y vivaient. Appliquant sans le moindre remords la règle de l’exploitation de l’homme par l’homme qui avait creusé, dans les siècles précédents, un fossé entre les peuples riches de l’hémisphère nord et les peuples pauvres de l’hémisphère sud, ils s’enrichissaient sans le moindre complexe.

Or voici que l’Afrique devient de façon évidente l’un des principaux acteurs de la scène internationale : d’abord parce qu’elle rassemble près du tiers des pays qui se partagent le globe, ensuite parce qu’elle détient des richesses naturelles qui n’ont pas d’équivalent sur les autres continents, enfin parce que sa croissance économique est la plus forte, la plus rapide du monde. Certes, elle n’a pas encore tiré elle-même les conclusions de cet état de fait, ne s’est donc pas dotée des institutions et des mécanismes qui lui permettront demain de jouer le rôle qui lui revient naturellement dans la gouvernance mondiale, mais tout indique aujourd’hui que ce mouvement va très vite s’enclencher et que les géants dont il est ici question devront modifier leur comportement de façon radicale.

Voyons donc comment ils agiront dans les mois et les années à venir pour s’adapter au nouveau cadre qui se dessine.

 

Les Dépêches de Brazzaville

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