Relance du transport fluvial : les nombreuses attentes des riverains

Jeudi 9 Mai 2019 - 19:15

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Les célèbres bateaux du Congo et les installations portuaires pourront être réhabilités sous peu, après plusieurs années d’immobilisation. De quoi satisfaire les navigants et les commerçants qui appellent les pouvoirs publics à assurer des investissements conséquents dans les opérations de dragage, l’entretien des berges, des barrages et écluses du chenal navigable.

Les gouvernements congolais et chinois ont signé récemment, à Brazzaville, un protocole d’accord relatif à la création d’une nouvelle société de transport fluvial chargée d’exploiter les trafics sur le fleuve Congo. Les futurs chantiers, dont le coût n’a pas été précisé, seront financés par les deux parties à travers le Fonds national de développement du Congo (FNDC).

De plus, l’accord prévoit de fabriquer des navires de gros tonnage (3000tn), de réparer les bateaux et de rétablir le transport des passagers entre Brazzaville et Kinshasa, entre la ville capitale et Oyo à travers la rivière Alima, à Makoua à travers la rivière Likouala, à Oeusso à travers la rivière Sangha, ainsi que le trafic vers l’Oubangui. « Les chenaux fluviaux qui seront installés vont avoir une grande influence sur le développement du réseau. Nous allons travailler ensemble avec les investisseurs présents ici pour améliorer la capacité de transport fluvial du Congo et promouvoir le développement économique du pays y compris de la sous-région », déclarait peu après la signature de la convention le directeur général du FNDC, Hou Koyin.  

Un ouf de soulagement pour le secteur de transport fluvial et les milliers de riverains à l’instar de Guy-Noël Ondzo, un ancien armateur ayant pendant longtemps travaillé à bord des bateaux ‘‘Marie Massamba-Débat’’ et ‘‘Ville de Brazzaville’’. Le sexagénaire est nostalgique des longs voyages passés sur le fleuve avec les autres équipages, mais surtout des activités économiques de la ville vers les localités rivéraines. Malheureusement, les nombreux bateaux dont disposait le pays sont devenus vétustes, par exemple ‘‘Impfondo’’ ; ‘‘Ville de Mossaka’’ ; ‘‘Trois glorieuses’’ ; ‘‘Liranga’’ ; ‘‘Ville de Bétou’’. « Tous les bateaux ont été détruits depuis la guerre civile de 1997. Il faut que le gouvernement et les partenaires débloquent suffisamment d’argent pour acheter de nouveaux engins », plaide Guy-Noël Ondzo.    

      Impact économique indiscutable

Tout comme Angèle Anka, ce professionnel de chantier naval et des trafics fluviaux pense que la relance du trafic fluvial pourra contribuer à redynamiser les activités économiques à l’intérieur du pays et à faciliter l’évacuation des marchandises à moindre coût. Le plus important apport du fleuve Congo est donc économique. Avec le boom du commerce de gros et de détail ainsi que des industries manufacturières, le transport sur le fleuve va permettre de développer de nouveaux marchés tout le long du corridor d’environ 4500 km d’eaux navigables, avec un réseau interne Kouilou-Niari et un réseau intégrateur Congo-Sangha-Oubangui.

Pour l’expert Sébastien Rachel Yoa, il est crucial de réaliser régulièrement les travaux de balisage et de dragage en vue d'améliorer la qualité de l’exploitation. En plus des infrastructures à moderniser, il est question d'équiper et draguer plusieurs autres ports intérieurs. Ce progrès va assurer, a-t-il insisté, la fluidité du transport des biens et des personnes par les voies navigables.

       Lutter contre les tracasseries

Au-delà de l'enjeu économique, d’autres questions importantes se posent par rapport à cet important projet. Il s’agit du récurrent problème des tracasseries administratives et policières tout le long du parcours. « Les autorités compétentes doivent prendre des mesures pour pouvoir réduire les tracasseries. Les gens fuient l’eau à cause des douaniers et policiers », dénonce un riverain. Une campagne devrait être menée auprès des services concernés pour essayer de baisser le phénomène sur le terrain. D’aucuns suggèrent la sensibilisation des armateurs, afin qu’ils ne coopèrent pas avec les agents véreux et services qui perçoivent illégalement ces taxes.

Notons que l’armateur public Chantier naval et des trafics fluviaux, ex-Agence trans-congolaise de communications (ATC), a été cédé à la Société congolaise de transport fluvial. Les travailleurs de l’ex-ATC continuent de revendiquer leurs droits légaux.  

Fiacre Kombo

Légendes et crédits photo : 

Deux vieux bateaux accostés au port de Brazzaville

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