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Revenons ...

Mardi 10 Juillet 2018 - 12:31

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Oui, revenons un instant sur les conséquences que la fermeture du Détroit d'Ormuz, évoquée ici même hier, aurait pour les pays comme le nôtre. Brandie par le président Hassan Rohani dont le pays, l'Iran, peut à tout instant bloquer l'accès au golfe Persique et ne relevant donc ni du calcul ni de l'utopie, une telle action militaire provoquerait, en effet, deux mouvements majeurs qui nous concernent très directement.

Le premier, cela va de soi, serait la hausse aussi rapide que forte des cours de l'or noir sur les marchés mondiaux. Alors que ceux-ci flirtent à nouveau autour de 75-80 dollars américains le baril, on les verrait monter à plus de 100-120, voire même 150 dollars. Et cette hausse aurait deux effets immédiats : d'une part, l'aggravation de la crise qui frappe déjà les économies des grandes nations industrielles du fait de l'élévation des barrières commerciales décidée par le président des Etats-Unis, Donald Trump ; d'autre part, l'assainissement tout aussi soudain des finances des pays africains producteurs d'hydrocarbures dont l'essentiel des recettes publiques provient de la vente de ces matières premières. 

Le second mouvement majeur que provoquerait la fermeture, sans doute temporaire mais lourde de conséquences, du Détroit d'Ormuz, serait de faire aussitôt du golfe de Guinée et donc de l'Afrique centrale le pivot de l'approvisionnement du monde en produits pétroliers. Largement ouvert sur l'Océan atlantique et donc aussi facilement accessible qu'impossible à bloquer comme l'est aujourd'hui le golfe Persique, cette région du monde s'imposera tôt ou tard, et plutôt tôt que tard, comme le lieu géométrique du commerce mondial des hydrocarbures. Ceci d'autant plus que les ports comme celui de Pointe-Noire, chez nous, se sont modernisés dans ce but ces dernières années.

Si nous insistons aujourd'hui sur le changement stratégique majeur que constituerait la fermeture du Détroit d'Ormuz, c'est parce que les grandes puissances, directement concernées par le séisme qui se prépare, étudient très discrètement les mesures à prendre dès maintenant pour tirer leur épingle du jeu avant qu’il soit trop tard. A nous d'en faire autant sans plus attendre car l'enjeu est à tous égards considérable !

Les Dépêches de Brazzaville

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