Saccage des ambassades du Cameroun à Paris et à Berlin : plusieurs milliers de passeports disparus

Lundi 28 Janvier 2019 - 12:00

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Des activistes, proches du malheureux perdant à la présidentielle de novembre 2018, Emmanuel Kamto, ont vandalisé les représentations diplomatiques du Cameroun en France, en Allemagne et en Belgique, les 26 et 27 janvier. La police a procédé à des interpellations dans plusieurs villes.

À Paris, Berlin et Bruxelles, une centaine de manifestants ont envahi, les 26 et 27 janvier, les représentations diplomatiques et consulaires du Cameroun, saccageant les bureaux des diplomates et agents de l'État, détruisant ou emportant des documents administratifs, passeports, actes de naissance des usagers...

À Bruxelles, les manifestants n'ont pas eu accès à l'ambassade. Le premier bilan fait état de plusieurs milliers de documents d'usagers disparus, notamment des passeports, des actes de naissance, des cartes consulaires...Cet acte de vandalisme insensé et immature a de lourdes conséquences sur les usagers. C'est le cas des Camerounais en attente de régularisation de séjour dans les préfectures - ils ont besoin de leurs passeports à jour;  de ceux qui ont procédé à la publication des bans et celui des étrangers qui ont déposé des demandes de visas au consulat, pour se rendre au Cameroun.

Du coup, c'est une poignée de personnes, pour des raisons politiciennes avérées ou pas, qui ont pris en otage plus d'un million de Camerounais. On sait q'aucun dirigeant camerounais ne sera ni directement ni indirectement pénalisé par des actes commis dans les représentations diplomatiques et consulaires censées rapprocher les ressortissants de ce pays de leur administration. Les hommes passent et en tout état de cause, l'administration reste et doit continuer à fonctionner.

Ces manifestants ont commis l'indélicatesse de se filmer en direct sur la plate-forme Facebook Live, montrant une mauvaise image d'eux-mêmes. Il ne s'agit pas de s'opposer au droit de manifester qui fait partie des libertés mais il est question du choix de la cible. Détruire, piller ou emporter des documents administratifs des compatriotes dresse plutôt les Camerounais uns contre les autres. L'outil administratif est au service des usagers et non des politiciens. Cet acte ne profite à personne. Bien au contraire, il divise la diaspora dans sa perception de la démocratie et dans sa vision du vivre ensemble, de l'ouverture d'esprit, du rayonnement du pays à l'étranger et de l'image que la diaspora donne d'elle même puis du Cameroun dans les pays d'accueil.

Les familles restées au pays et le pays lui-même attendent beaucoup de leurs fils expatriés, notamment en matière de civilité. Il s'agit donc pour la diaspora camerounaise d'être à la hauteur ! Les résultats définitifs proclamés par le Conseil constitutionnel, le 7 octobre 2018, ont retenu que le président sortant, Paul Biya, a remporté la présidentielle ( 71,28% des suffrages) face à deux challengers dont Maurice Kamto (14,23%) et Cabral Libii (6,28,%,). Maurice Kamto avait saisi en recours le Conseil constitutionnel, alléguant des " fraudes et irrégularités'', sans convaincre. Plusieurs autres élections, législatives et municipales sont à venir. Ce sera à nouveau l'occasion pour les différents partis de démontrer leur ancrage local et au sein de la diaspora.

Noël N'dong

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