Société nationale d'électricité : un départ massif à la retraite très inquiétant

Mardi 29 Janvier 2019 - 17:40

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Au moins cinq cents agents et cadres vont quitter l'entreprise courant cette année. En l’absence d’une relève suffisamment préparée, ces départs auront certainement une incidence sur le fonctionnement de certains départements stratégiques de la société d'Etat.

L’analyse du bilan social de la Société nationale d'électricité (Snél) comporte bien des indications sur sa situation actuelle. En résumé, il est relevé que l’âge moyen reste très élevé, soit 52 ans. En avril 2018, la Snél comptait environ 6 459 agents répartis de la manière suivante : 10 % production, 8 % transport, 53 % distribution, 9 % centres autonomes et 20 % administration centrale.

Abordant sans tabous la question du départ à la retraite de près de cinq cents agents et cadres, le directeur général de la Snél, Jean Bosco Kayombo, a reconnu « le grand bouleversement » en vue, d'autant plus que, a-t-il insisté, la relève n’a pas été assurée. L’année 2019 débute ainsi avec des grands défis à relever par la Snél. Aussi les critères de choix de la direction générale seront-ils déterminants pour garantir l’avenir du géant de l’électricité dans un contexte de libéralisation de ce secteur.

Depuis 2016, la Snél expérimente un plan de redressement qui intègre, dans son point 3, l’optimisation des ressources humaines. L’objectif est de disposer et développer les compétences ainsi que la capacité organisationnelle pour un bon rendement dans les différents secteurs d’activités tant existants que nouveaux. Il était question, par exemple, de recruter des ingénieurs et des informaticiens au cours de l’année dernière. Sur un plan interne, des efforts devraient être réalisés pour assurer une meilleure promotion des talents et mettre en œuvre un plan de formation prioritaire. Il est à noter l’existence de trois centres de formation à Kinshasa, Sanga et Nzilo. Au total, quatre formateurs et quarante-six formateurs vacataires y prestent. Mais les infrastructures souffrent d’une dégradation avancée et de l’obsolescence des équipements didactiques. La société a songé à mettre en œuvre des partenariats avec l’Institut national de sécurité sociale et la Faculté polytechnique de l’Université de Kinshasa.

Défis pour 2019

Par rapport à l’accompagnement des ressources humaines, Jean Bosco Kayombo a annoncé quelques réformes majeures, dont l’instauration de l’assurance maladie pour une meilleure prise en charge médicale par rapport aux années écoulées. En dépit des difficultés, la société a initié également un processus de recrutement. Le mois prochain, des assises se tiendront pour examiner l’application du nouveau taux de salaire minimum interprofessionnel garanti. Au niveau de la réforme en cours, le Copirep, l’organe technique du gouvernement, a appelé à la mise en place d’un cadre propice de communication interne pour surmonter les dernières résistances. Pour lui, rien ne peut remplacer une réforme en profondeur qui doit intégrer obligatoirement une retouche du modèle économique, de la structure, du mode d’organisation et de la gestion.

Plus pratique, la direction générale présente quelques actions prioritaires dans le domaine des ressources humaines. Jean Bosco Kayombo a jugé indispensable de continuer à sensibiliser le personnel à l’environnement libéralisé. « Nous entrons dans un monde concurrentiel, un monde compétitif et nous devons nous considérer comme étant le pionnier et le premier pour que nous puissions nous en sortir dans ce nouveau monde qui se présente à nous ».

D'autres actions sont en vue, notamment la recherche des solutions durables au déficit quantitatif et qualitatif du personnel, à la non-prise en compte du tracé des carrières des agents et au non-respect de certaines règles essentielles dans l’utilisation du personnel journalier.

Laurent Essolomwa

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