Tchad: l'intervention française pose problème

Vendredi 8 Février 2019 - 12:06

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A la demande du président tchadien, Idriss Déby Itno, des avions de l'opération française Barkhane ont procédé, du 3 au 6 février, à des frappes "pour stopper une incursion au Tchad".

Dans le cadre de l'assistance militaire et en coordination avec l'armée tchadienne, des Mirage 2000 français sont intervenus pour empêcher l'incursion d'une colonne armée en territoire tchadien", avait indiqué un communiqué de l’état-major des armées. Mais le document ne donne aucune précision sur la "colonne armée partie de Libye" ciblée par l’armée française, sinon "de nature à déstabiliser le Tchad'', selon Paris.

Or, si ce sont des avions de l'opération Barkhane (le quartier général est basé à N'Djamena) qui ont procédé à la série de frappes, "cette action ne s’inscrit pas dans le cadre de l’opération Barkhane", a indiqué le ministère des Armées. De fait, cette intervention militaire française n’est pas présentée par l’état-major des armées comme une opération antijihadiste mais comme une "réponse à la demande des autorités tchadiennes".

Dans son courrier aux présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat pour les informer de l’opération française, conformément à l’article 35 de la Constitution, le Premier ministre, Édouard Philippe, a plutôt, évoqué "la demande d’assistance du président de la République du Tchad, Idriss Déby".

Le cabinet de la ministre des Armées, Florence Parly, indique que, '' sur le plan du droit, cette intervention répond à une demande d'assistance formelle d'un État souverain à l'égard de la France". Certaines ONG françaises oublient le respect des accords entre deux Etats en dénonçant cette intervention et demandent une refonte de la politique étrangère de la France en Afrique. Elles parlent même d'''ingérence dans un affaire intérieure du Tchad''.

Le président tchadien, Idriss Début, a affirmé, hier, en conseil des ministres, qu'une "colonne de mercenaires" est entrée dans le nord du Tchad depuis la Libye voisine et qu'elle avait été "complètement détruite".

Noël N'dong

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