Téléphonie mobile : révision de la taxe sur le trafic des communications électroniques et encadrement des prix

Vendredi 8 Juin 2018 - 20:30

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Les opérateurs de téléphonie ont révisé leurs tarifs d’appel, SMS et internet. Cette action est la conséquence des nouvelles dispositions sur la taxe sur le trafic des communications électroniques (TTCE), d’une part, et sur l’encadrement des prix par l’Agence de régulation des postes et communications électroniques (Arpce), d’autre part.

L’Arpce a alerté récemment sur la baisse des revenus dans le secteur de la téléphonie mobile, au cours de cette année, suite à la guerre des prix acharnée qui s’est établie entre les opérateurs.

Les nouvelles réformes tarifaires émanent d’abord de la loi des finances 2018 qui prévoit la revue de la taxe sur le trafic des communications électroniques (TTCE) à collecter auprès des consommateurs. Cette taxe s’applique directement sur le trafic généré par un abonné suite à l’émission d’un appel, l’envoi d’un SMS, ou suite à la génération d’un trafic internet. Elle a fait son entrée en 2015 et a été revue à la hausse cette année, conformément à la loi des finances.

Sur le plan macro –économique, l’Arpce a constaté des revenus à la baisse chez les opérateurs entre 2015 et 2018, soit près de 42% de perte de la valeur du marché. Le régulateur a décidé, début juin, conformément à la loi, de procéder à un encadrement tarifaire afin d’affermir les revenus du secteur. L’Arpce affirme, d’ailleurs, qu’au premier trimestre 2018, le marché a perdu 18% de sa valeur sur tous les segments de services, le contraignant à prendre une décision, soucieuse de garantir l’équilibre du secteur et faisant suite à l’audit tarifaire de l’année 2016 ainsi qu’à l’analyse des différents tarifs faite de janvier à mars derniers.

En effet, dans le but de satisfaire à tout prix leurs abonnés, les opérateurs se sont livrés ces derniers mois à une guerre des prix accélérant la chute des revenus du secteur, lequel subissait déjà l’influence de la crise économique au Congo qui a conduit à des tarifs parmi les plus bas du continent.

Selon ces nouvelles dispositions prises, conformément à la loi, le prix plancher du mégaoctet de l’internet mobile (Data) est fixé à quatre FCFA TTC ; et celui d’une minute d’appel entre les opérateurs dominants est fixé à vingt-cinq FCFA TTC. La décision permet juste d’affermir le marché pour éviter que la situation ne s’empire.

Si les chiffres ne s’améliorent pas d’ici là, le secteur pourrait s’exposer à des conséquences majeures, allant jusqu’à la perte d’emplois et de contrats de prestation de service. La situation pourrait également conduire à la dégradation de la qualité des services, du fait du manque de ressources pour pérenniser l’exploitation des réseaux et le financement de nouveaux équipements. Cette refonte des prix devrait avoir un impact important sur l’économie entière vu l’importance des revenus de ce secteur.

La revue de la TTCE et l’encadrement des tarifs obligent les opérateurs de téléphonie mobile à revoir leurs prix afin d’être en phase avec ces nouvelles directives. L’espoir est de voir ce secteur poursuivre son développement comme ce fut le cas les années précédentes, en apportant aux Congolais des nouveaux services à valeur ajoutée, garantissant de nouveaux investissements et la pérennité des emplois en ces temps difficiles.

Quentin Loubou

Légendes et crédits photo : 

Les nouveaux tarifs permettent juste d’affermir et de stabiliser le marché

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