Téléphonie mobile: un nouveau fonds pour booster l’intégration financière du numérique

Jeudi 13 Juin 2019 - 17:00

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En vue d’un plus grand accès aux services financiers numériques, la Banque africaine de développement (BAD) a lancé à Malabo, avec l’appui des partenaires, un nouveau fonds destiné à renforcer les politiques d’intégration pour le transfert d’argent via le téléphone portable.

Le nouveau fonds a été lancé officiellement à l’occasion des Assemblées annuelles de la BAD, sous le parrainage de la Fondation Bill-et-Melinda-Gates, l’Agence française de développement (AFD) et le gouvernement du Luxembourg. Il est financé en grande partie par la Fondation Bill-Gates

Conçu pour contribuer à la sécurité et au développement des transactions financières numériques en Afrique, ce fonds consiste à donner un accès aux services financiers numériques à quelque trois cent trente-deux millions d’Africains de plus, dont 60 % de femmes.

Il devra mobiliser cent millions de dollars américains en dons et trois cents autres sous forme de dette sur les ressources en capital ordinaires de la Banque d’ici à 2030, destinés à développer les services financiers électroniques pour les communautés à faible revenu.

« Nous pensons qu’avec les bons investissements dans l’innovation et une croissance numérique menée intelligemment, les obstacles à l’inclusion financière seront surmontés et de meilleures perspectives économiques se présenteront pour tous », a déclaré le président de la BAD, Adesina Akinwumi.

Les interventions de ce fonds reposeront sur quatre éléments centraux, à savoir les infrastructures, dont des dispositifs de paiement numérisés et interopérables ; des produits et des innovations numériques ; la réforme et l’harmonisation des politiques et des réglementations ; enfin, le renforcement des capacités.

L’objectif est de contribuer à la réduction de l’écart entre les hommes et les femmes en matière de transactions financières.

« L’Afrique a connu une forte croissance du nombre d’utilisateurs de téléphones mobiles au cours de la première moitié de la décennie, ce qui a entraîné une brutale progression de la quantité d’outils et de services numériques innovants disponibles sur le continent », a rappelé le président de la BAD. Il a regretté cependant que les retombées ne soient pas également partagées, car on estime à seulement 43 % des adultes possédant un compte bancaire.

Principal partenaire financier de ce fonds, le directeur du programme services financiers pour les personnes démunies de la Fondation Bill-Gates, Michael Wiegand, a, pour sa part, précisé que l’inclusion financière réalisée au moyen de modèles de services financiers numériques est à la fois une puissante stratégie de lutte contre la pauvreté et un moyen de dynamiser un développement durable des économies nationales et régionales.

« Le projet inaugural de l’ADFI, qui sert de projet pilote à la facilité, consiste en une subvention de 11,3 millions de dollars américains de la Fondation Bill-et-Melinda-Gates à la Banque et à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’ouest », souligne un communiqué de presse de la BAD.

Selon le même communiqué, cette subvention permettra de créer le système de paiement numérique interopérable grâce auquel les usagers pourront envoyer et recevoir de l’argent à partir de portefeuilles mobiles, et de ces portefeuilles vers d’autres comptes numériques et bancaires.

« Avec l’ADFI, nous sommes convaincus que nos efforts communs peuvent contribuer efficacement à l’élimination des obstacles qui continuent à retarder le développement des services financiers numériques en Afrique. Une des clés de voûte des systèmes financiers inclusifs et durables, il permettra le développement de la prestation de services financiers numériques de qualité auprès des populations mal desservies », a fait savoir Sébastien Minot, responsable adjoint pour l’Afrique de l’AFD, un des partenaires financiers dudit fonds.

 L’ADFI collaborera avec des banques et des institutions financières non bancaires, des opérateurs de réseaux mobiles, des prestataires de services de paiements et de virements, des sociétés de technologie financière, des ministères, des organismes de réglementation et des organisations économiques régionales.

De Malabo, Guy Gervais Kitina

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