Tourisme : une industrie en perte de vitesse

Mardi 12 Février 2019 - 18:37

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Les assignations du ministère de tutelle signalent une baisse des recettes de plus de 80 % par rapport aux résultats de l’année dernière.

Le premier signe de malaise est sans aucun doute la baisse drastique des recettes du secteur touristique, passant de quatre-vingt-trois milliards de francs congolais en 2018 à seulement onze milliards au cours du présent exercice. Ces projections pour 2019 représentent environ six millions de dollars américains. Pour la cause de la contreperformance, le ministère du Tourisme ne met pas en bonne place la baisse de la fréquentation des différents sites touristiques su l’étendue du territoire national. En fait, la réduction de certaines taxes (ou carrément leur suppression) va constituer une cause principale de cette contreperformance. On le voit notamment à travers la réduction du taux de redevance sur le prix du billet d’avion. Et la liste n’est pas exhaustive. Pour la deuxième année consécutive, le secteur touristique va enregistrer une baisse de ses activités. A cet effet, il faut rappeler les 12 % de taux de réalisation du premier semestre 2018.

Pourtant, le moment semble propice à la mise en œuvre d’une stratégie nationale créative afin de relancer un secteur qui peut soutenir valablement le développement économique du pays, presque au même titre que les mines. Grâce au tourisme et d’autres secteurs stratégiques comme l’agriculture, il est possible de réussir la diversification de l’économie congolaise. Au niveau national, quelques actions sont envisagées pour faire des recettes dans ce secteur courant cette année. Il y a, par exemple, la non-prise en compte des redevances transférées au Fonds de promotion du tourisme, la réinsertion de l’homologation des sites touristiques dans la nomenclature des actes générateurs, etc. L’on parle aussi d’une actualisation de la catégorisation des hôtels et restaurants. Dans une province à vocation minière comme le Lualaba, il est fort étonnant de se rendre compte  du nombre important des projets touristiques attractifs avec un impact direct sur la fréquentation des restaurants et chambres d’hôtels. Actuellement, il est de plus en plus difficile de trouver une chambre vide à Kolwezi, la capitale du Lualaba. D’autres experts attirent l’attention sur la nécessité de faire entrer pleinement le tourisme dans le monde du numérique pour réduire la corruption, combattre les coûts des services administratifs, assurer la transparence dans le recouvrement des taxes et redevances et mettre en place un système de gestion électronique des documents.   

En définitive, des pistes à explorer existent pour continuer à rendre le secteur touristique très attractif même si le pays doit finalement prendre des décisions difficiles. Entre-temps, les nouvelles sont plutôt encourageantes dans la région. En effet, les derniers chiffres des destinations touristiques prisées de l’Organisation mondiale du tourisme montrent un intérêt relativement bas du tourisme africain mais c’est très promoteur, le score de la région continue à monter. En d’autres termes, l’Afrique attire de plus en plus une partie des revenus du tourisme international mais elle doit continuer à investir conséquemment dans ses infrastructures de base. D’autres contraintes sont à éliminer, comme les tracasseries administratives et réglementaires.

Des pays comme l’Afrique du Sud, les Seychelles, la Tunisie, l’Ile Maurice et la Namibie se démarquent déjà et pourraient ainsi constituer des sources d’inspiration pour la République démocratique du Congo.

        

Laurent Essolomwa

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