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Une chance unique

Mardi 9 Mai 2017 - 15:09

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Disons-le carrément même si une telle remarque parait peu diplomatique : l'arrivée d'Emmanuel Macron à l'Elysée dans les prochains jours offre à la France l’occasion unique de renouer avec l'Afrique des relations de confiance.

Unique parce que si elle n'est pas saisie très vite au plus haut niveau de l'Etat français les gouvernements africains iront chercher ailleurs les appuis de toute nature dont ils ont besoin pour mener à bien l'émergence de leurs nations. Et comme les yeux des grandes puissances se tournent de plus en plus vers notre continent ils n'auront aucun mal à trouver ces appuis.

Nous n'avons évidemment pas de conseils à donner, nous qui sommes de simples observateurs de la scène africaine, mais si le nouveau président français veut réparer les erreurs commises par ses deux prédécesseurs, Nicolas Sarkozy et François Hollande, il doit dès son arrivée à l'Elysée prendre les dispositions suivantes :

1) Constituer à ses côtés une cellule Afrique composée d'hommes et de femmes compétents qui ne sont pas mus par une idéologie d'un autre temps ou une vision néocoloniale du continent, mais qui ont une réelle expérience de terrain.

2) Inscrire dans son calendrier présidentiel des rencontres régulières avec les dirigeants  africains soit à Paris, soit dans leurs capitales respectives et veiller à ce que ce dialogue direct soit constant, amical, confiant.

3) Nommer un ministre des Affaires étrangères qui prenne la juste mesure de la place que l'Afrique est appelée à tenir au sein de la communauté internationale du fait de son poids humain présent et à venir.

4) Désigner un ministre de la Défense qui poursuive, si possible en l'amplifiant, le travail accompli au Sahel et en Afrique centrale par son prédécesseur, Jean-Yves Le Drian, avec l'aide des plus hauts responsables de l'armée française.

5) Se pencher sérieusement sur le dossier du Franc CFA et dialoguer avec ses pairs africains sur les réformes qu’il convient d’apporter pour que les difficultés présentes de la France n'impactent pas notre monnaie commune.

6) Faire en sorte que les entreprises françaises, qui se sont pour la plupart désengagées du continent dans les dernières décennies, relancent de façon significative leurs investissements en Afrique.

7) Mettre sur pied un programme de coopération ambitieux entre la France et  les grandes communautés économiques et financières de l'Afrique francophone que sont la CEEAC, la Cémac et la CEDEAO.

8) Privilégier dans les programmes de coopération bilatérale entre l'Afrique et la France la santé, l'éducation, la formation technique et professionnelle, les nouvelles technologies.

9) Accompagner concrètement les partenaires africains de la France dans leur lutte pour la protection de la nature et de l'environnement, dans leur quête d'un développement et d'une urbanisation qui ne soient pas destructeurs.

10) Inciter les régions et les départements français à mettre en place des programmes de coopération décentralisés concrets qui permettent de créer des liens étroits avec les pays de l'Afrique francophone. 

11) Etre le porte-parole de l'Afrique et des Africains dans les instances dirigeantes de l'Union Européenne et faire en sorte que l'aide apportée par le Vieux continent contribue de façon plus efficace à notre développement durable.

12) Donner à la littérature, à la culture, à l’art sous toutes ses formes mais aussi à l’histoire et aux traditions une place privilégiée dans les programmes de coopération entre l’Afrique et la France qui jalonneront son quinquennat.

13) Veiller à ce que les grands médias publics français observent de façon objective les sociétés africaines et rendent enfin compte de ce qui s'y passe sans déformer ou travestir la réalité.

14) Mettre fin aux attaques de toute nature que portent, en France, des organisations non gouvernementales aux desseins pour le moins obscurs contre des dirigeants africains soigneusement sélectionnés et leurs familles.

Une chose est certaine aujourd'hui : si Emmanuel Macron parvient à nouer sur ces bases des relations de confiance avec ses pairs africains il aura toutes les chances de gagner la bataille qu'il engage aujourd'hui pour rendre à la France la place qu'elle est en train de perdre à l'échelle mondiale.

Puisse-t-il s'en convaincre à l'heure où il prépare activement son installation au Palais de l'Elysée.

 

 

Les Dépêches de Brazzaville

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