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Une semaine cruciale

Samedi 22 Décembre 2018 - 18:36

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Une date en chasse une autre, les élections générales censées se tenir, le 23 décembre, en République démocratique du Congo (RDC), attendront une semaine supplémentaire. Le temps pour la Commission électorale nationale indépendante (Céni) de réunir le matériel manquant et, sans doute aussi, de voir un peu plus clair sur les autres impératifs qui peuvent influencer l’organisation des scrutins.

Lors de sa communication, le 20 décembre, le président de la Céni, Corneille Nangaa, motivait le report des élections au 30 décembre par la situation d’insécurité créée dans la province du Bandundu où ont éclaté des violences meurtrières entre les communautés Tende et Nunu ; la persistance de la maladie d’Ebola dans la province de Maï Ndombe ; le complément du matériel électoral rendu nécessaire à la suite de l’incendie du dépôt d’un important lot d’accessoires à Kinshasa.

A l’impossible nul n’est tenu, pourrait-on dire mais la question se pose à présent de savoir si le délai de sept jours suffira à réunir toutes les conditions susceptibles de voir se dérouler les élections dans un climat apaisé. La traversée signalée de Kinshasa vers Brazzaville de plusieurs familles parmi lesquelles des diplomates à l’approche du rendez-vous avorté du 23 décembre a alerté sur les appréhensions des partenaires et voisins de la RDC.

Non seulement la campagne électorale a alimenté les tensions entre les principaux candidats à la présidentielle et leurs partisans, mais sa suspension à Kinshasa avant son terme réglementaire par le gouverneur de la ville qui invoquait des raisons de sécurité a plus dessiné les contours de ce que pourrait être la période d’attente des résultats du scrutin majeur. Les réseaux sociaux aidant, elle pourrait donner lieu à une avalanche de proclamations qui ne seront pas toujours de nature à calmer les esprits.

L’option qui vaille du côté de la Céni, pour mieux amorcer cette semaine plus que cruciale qui commence ce lundi 24 décembre, est de s’assurer que le matériel électoral en commande rentrera comme prévu ; qu’il sera ensuite acheminé à temps là où il doit être déployé. Il n’est pas évident qu’elle porte sur elle la charge de ramener le calme dans la province du Bandundu car, cette mission est du ressort des pouvoirs publics.

Les milliers d’électeurs potentiels pris dans la tourmente des altercations sanglantes de Yumbi, qui ont gagné le Congo voisin, ne seront certainement pas concernés par les opérations de vote. Il en sera de même, peut-être, de ceux ou celles qui se trouveraient dans les zones de prévalence d’Ebola.

Tout compte fait, la Céni est attendue dans la semaine qui va suivre plus sur sa capacité à rendre disponible le matériel électoral que sur les questions, bien entendu réelles (insécurité à Bandudu et Ebola), qui relèvent de la compétence de l’Etat. Si ces questions s’avèrent incontrôlables dans les sept jours à venir et pèsent négativement sur le processus électoral, s’installera une période d’incertitudes peu recommandable dans le moment présent où la RDC aborde sa première alternance pacifique depuis son indépendance, le 30 juin 1960. Prions que le 30 décembre porte chance à ce pays.

Gankama N'Siah

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