Urbanisation : des lotissements illicites prolifèrent dans la ville capitale

Lundi 10 Décembre 2018 - 18:45

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En l’espace d’une décennie, l’avenue du Tourisme, le cimetière de Kinsuka et ses environs, à Kinshasa, ont connu une augmentation inouïe du nombre de leurs habitants. L’une des conséquences directes est l’occupation anarchique du moindre espace disponible en violation des normes urbanistiques.    

Samedi dernier, nous apprenions l’arrêt d’un projet de construction d’un foyer social sur l’avenue du Tourisme qui longe le fleuve Congo suite à certaines irrégularités. Un grand panneau publicitaire apportait les détails du projet qui était initié par le ministère des Affaires sociales. « On a prétendu que le ministère était au courant de ce projet mais il n’en était rien. Aucun document conforme n’a pu être brandi par leurs initiateurs pour justifier un tel lotissement dans cet espace », a confié une source proche du dossier.

L’on compte régulièrement des nouvelles constructions érigées de part et d’autre de l’avenue du Tourisme. Cet espace a connu un développement des activités commerciales, avec la présence des casseurs de pierre, des pêcheurs, des commerçants, des tenanciers de terrasses érigées au bord du fleuve, etc. Des camions chargés de briques, de pierres et de sable y passent régulièrement, récupérant ainsi la production des usines spécialisées dans l’extraction des roches et d’autres carrières bien implantées dans cette partie de la ville de Kinshasa.

A quelques kilomètres de cette principale artère kinoise, il y a une autre zone à problème : le cimetière de Kinsuka, cette fois dans la commune de Mont-Ngafula. Dans ce cimetière qui devrait attendre cinquante ans après la dernière inhumation pour être éventuellement désaffecté, des maisons continuent à pousser comme des champignons. « Par le passé, nous avions déjà procédé à la démolition des constructions anarchiques. Certains propriétaires en sont  à leur quatrième démolition. Aujourd’hui, nous parlons encore de démolir. Un projet de démolition existe, tout n’est qu’une affaire de temps. Les autorités coutumières portent une lourde responsabilité dans ce désordre foncier », a indiqué le ministère.

En effet, il faut le rappeler, cette descente musclée avais mis à contribution les éléments de la Police militaire des Forces armées de la République démocratique du Congo. A l’époque, l’on justifiait un tel dispositif par la présence des hauts-gradés de l’armée et de la police parmi les occupants anarchiques. Cette démolition a concerné les maisons en dur et autres baraquements en planches ou en tôles allant du croisement des avenues CPA et Molende au quartier CPA-Mushie jusqu’à la concession Kimbanguiste. Bien entendu, l’opération s’est passée à l’intérieur du cimetière. Déjà à cette époque, les propriétaires des sites ne disposaient pas des documents parcellaires délivrés par les services compétents de l’Etat.

Laurent Essolomwa

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