Vie des partis : Bonaventure Mbaya prône un dialogue national inclusif sous l’égide de la communauté internationale

Mercredi 20 Février 2019 - 15:00

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Le président de Convergence citoyenne, membre de la Fédération de l’opposition congolaise, a donné sa position dans une déclaration rendue publique, le 19 février, au cours d’un échange avec ses militants de Brazzaville.

Depuis la dernière mission, à Brazzaville, du représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique centrale, François Lounceny Fall, la tenue d’un dialogue national paraît de plus en plus certaine pour quelques acteurs politiques.

Pour la Convergence citoyenne, il s’agit du seul cadre crédible en vue d'aboutir à un compromis politique, positif et constructif pouvant garantir la paix, la stabilité et une élection présidentielle apaisée en 2021.

En effet, selon Bonaventure Mbaya, tout le monde pense actuellement à une solution apaisée, qui engagerait le pays dans les grandes réformes attendues, tout en garantissant la réconciliation nationale.

« Ainsi donc, tout en reconnaissant la pertinence et le bien-fondé de la nécessité d’un dialogue national inclusif, il nous paraît très important de nous accorder préalablement sur le concept du dialogue national inclusif dont il est question ici. Notre pays a déjà une certaine expérience des dialogues depuis le retour du PCT au pouvoir en 1997 », a précisé Bonaventure Mbaya, d’entrée de jeu.

Il a également rappelé que depuis cette période, le Congo a connu sept dialogues sous l’égide du Parti congolais du travail (PCT) et de son président. Il s’agit notamment du Forum de janvier 1998 ; du dialogue national sans exclusive en 2001, des dialogues de Brazzaville en 2009 ; d’Ewo en 2011, Dolisie en 2013 ; Sibiti en 2015 et de Ouesso en 2016. D’après lui, toutes ces rencontres ont été des occasions manquées pour la réconciliation, la consolidation de la démocratie et la bonne gouvernance.

« Ces différents dialogues ont plus contribué à réinstaller le PCT comme parti-Etat, à consolider le pouvoir en place dans sa mauvaise gouvernance et à anéantir les avancées démocratiques mises en place par l’historique Conférence nationale souveraine et par la transition en 1991 et 1992 », pense-t-il.

Des discussions en cours entre la majorité et l’opposition  

Dans la perspective de la tenue de ce rendez-vous, Bonaventure Mbaya s’est dit surpris d’entendre le chef de l’opposition constitutionnelle, Pascal Tsaty Mabiala, annoncer que sa plate-forme était prête à participer à un dialogue, sans préalables ni conditions. Une déclaration qui a poussé le président de la Convergence citoyenne de s’interroger si le dialogue national inclusif auquel cette partie de l’opposition a décidé de participer ne risquerait pas d’être une simple reproduction des rencontres précédentes.

« Par son appartenance à l’Internationale socialiste et à l’Alliance progressiste internationale, la Convergence citoyenne ne s’engagera dans aucune démarche qui prônerait la tenue d’un dialogue national inclusif qui ne se confirmerait pas aux conditionnalités énoncées plus haut », a-t-il prévenu.

Cependant, il espère que les discussions entamées récemment entre le PCT et l’opposition, sous l’égide des Nations unies, permettront aux différents acteurs d’accorder leurs violons. Ce nouveau dialogue se tiendra, a-t-il dit, dans un contexte très grave pour le pays. Pour lui, outre la situation du Pool, il y a d’autres sujets à débattre parmi lesquels la situation socioéconomique du pays ainsi que le problème de certains acteurs politiques se trouvant actuellement en prison.

« Ce sont des questions qui devraient également rentrer dans le cadre du dialogue parce que la Communauté internationale et le FMI veulent nous imposer une nouvelle gouvernance. Cette nouvelle gouvernance ne peut que sortir d’un compromis politique, d’un consensus entre les acteurs parce qu’il faut relever le pays. Nous serons des très mauvais hommes politiques si nous ne réglons pas les problèmes qui peuvent satisfaire le peuple. C’est pour cela que nous avons commencé ces discussions avec le PCT », a expliqué Bonaventure Mbaya, précisant qu’il y aurait nécessairement des préalables.

Quant à l’implication de la communauté internationale, le président de la Convergence citoyenne a estimé que celle-ci devrait envoyer un représentant pour faire la modération de ce dialogue. Tirant les leçons du passé où les débats avaient été dirigés par un membre de la majorité ou du gouvernement, Bonaventure Mbaya a souligné la nécessité d’avoir une personnalité neutre, afin qu’elle puisse également participer aux débats. L’autre raison serait le suivi des conclusions du dialogue.

« C’est pourquoi nous demandons que ce dialogue se tienne sous l’égide de la communauté internationale afin que celle-ci se comporte comme en RDC où, à tout moment, le chef de l’Etat sortant était rappelé à l’ordre lorsqu’il voulait sortir du cadre des accords de la saint-Sylvestre. Nous sortirons de ce dialogue avec les mêmes types d’accord en disant que nous nous sommes entendus pour faire redémarrer le pays, pour y instaurer durablement la paix, pour que les questions qui nous divisent soient balayées définitivement », a-t-il conclu.

Parfait Wilfried Douniama

Légendes et crédits photo : 

Bonaventure Mbaya s’adressant aux membres de son parti/Adiac

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