Vin de raphia : une boisson favorablement appréciée par les consommateurs

Jeudi 15 Novembre 2018 - 20:21

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Communément appelé « Molengué », le vin de raphia fait la fierté des consommateurs par ses vertus naturelles au port de la ville de Ouesso, chef-lieu du département de la Sangha.  

La vente de la denrée locale s’exerçait dans les années antérieures sous le manguier, en face de la résidence du préfet de la ville. Aujourd’hui, l’activité se pratique au marché du port de l’ancienne société hydro-Congo, ex-Trécho et Duclerc.

Chaque matin, les voix des consommateurs de ce vin se mêlent avec celles des marchands des vivres et autres produits divers en provenance des villages et campements environnants.

Les hommes et les femmes sont installés sur des bancs, sous l’ombre des arbres verdoyants de la forêt équatoriale. D'un côté, ils  échangent sur des sujets divers dont chacun manifeste la joie par le rire, des cris en attirant l’attention des visiteurs de ce port. De l’autre, hommes, jeunes ainsi que des femmes de tout âge, confondus en face des vendeurs, poussent leur curiosité pour découvrir ce breuvage naturel de raphia.

Des bouteilles, gobelets et bidons en mains, les clients s’approvisionnent sans condition de cette boisson en provenance des forêts humides de la rivière Sangha.  Le vin de raphia est vendu en majorité par des récolteurs eux-mêmes, après un long trajet par pirogue. Avec une quantité de récolte selon les périodes, ce vin est issu de la sève des palmiers à la suite de l’extraction qui se fait plusieurs heures. De couleur blanche qui peut se confondre à une tasse de lait, cette boisson présente une odeur particulière.

Très plaisant, sucré et moins alcoolisé, le produit tire son originalité grâce à l’absence des ajouts chimiques. Toutefois, son goût sucré change progressivement après la fermentation, en fonction du temps, selon la levée ou le coucher du soleil. Cette boisson est différente d'une autre qualité de vin de palme consommé également à Ouesso, appélé « mbolo ».

Le vin de raphia qui contient des vertus naturelles possède un apport nutritif supplémentaire en vitamines. La denrée ne se consomme pas avec des écorces ou des mélanges quelconques ni chaude. Elle est vendue en détail à un prix abordable à raison de 300 F CFA le gobelet et 500 FCFA le litre.

La boisson est également utilisée lors des réceptions, rituelles, palabres, cérémonies de mariage ou de deuil et bien d’autres. Pendant les cérémonies de mariage, elle paraît pour certains comme une recommandation afin de garder la culture ancestrale. Et, pour d’autres, une façon de donner une harmonie dans le foyer après le mariage.

Interrogé sur le processus d’extraction et sur sa particularité dans la consommation, Hilaire Paulin, un récolteur- vendeur a vanté le mérite de cette boisson. Originaire de la République démocratique du Congo, il est installé à Ouesso depuis quelques années. Selon lui, c’est une fierté de vendre le produit naturel à cette population de la ville. Il est un habitué de la récolte de cette denrée locale depuis son bas âge. Initié par son père, Hilaire Paulin nourrit sa petite famille grâce à ce commerce. Sa satisfaction est immense surtout en période de chaleur où la quantité recueillie est énorme. « Le rendement est en baisse pendant le froid. Je ne me fatigue pas à cause de la quantité, parce qu’en toute chose, il y a des hauts et des bas. La boisson est brute avec une fermentation naturelle et moins chère, à l’opposé d’autres boissons qui subissent une influence extérieure. Elle contient des valeurs nutritives pour l’organisme et un faible pourcentage d’alcool », a-t-il indiqué.   

En ce qui concerne les difficultés auxquelles sont confrontés les récolteurs, a-t-il expliqué, ils subissent la tâche quotidienne de se lever très tôt aux environs de 3 h du matin, la distance entre la ville et le lieu de la récolte, le risque d’être en contact permanent de la nature et bien d’autres. Il a déploré le manque d’initiatives des récolteurs de vin de raphia d’être en coopérative. Selon lui, chacun fait confiance à sa force musculaire pour écouler son produit.

Hilaire Paulin a invité tous ceux qui aimeraient pratiquer la récolte du vin de raphia de le rejoindre afin d’arroser la ville de Ouesso. « C’est un vin qui se recolte à la curiosité des non Africains. Il témoigne aussi l’attachement des Bantous à la tradition africaine qu’ils ne doivent en aucun cas perdre », a-t-il dit.  

De son côté, Yvon Niamba, consommateur de ce vin et natif du département, préfère celui en provenance de la Haute Sangha, vers Bomassa ainsi que sur la route Sembé-Souanké. La boisson renferme des vertus essentielles utiles au corps humain, a-t-il témoigné, ajoutant qu'elle est douce, moins alcoolisé et ne coûte pas trop chère. Selon lui, elle ne cause pas assez du tort aux consommateurs car il est très rare de voir dans un lieu de vente de ce vin des personnes en état d'ivresse. 

A cet effet, a-t-il poursuivi, le vin peut perdre son goût sucré après une journée. La perte de ce goût pousse les récolteurs à faire la part de chose avec du vin moins fort destiné aux femmes et plus fort aux hommes.  

A son avis, aucun effet négatif n'a été constaté pour son organisme. En dépit de l’augmentation du taux d’urine après la prise de cette boisson qui d’après lui favorise la diminution de l’hypertension. 

Richarline Akongo, une jeune fille venue passer ses trois mois de vacances dans cette ville, a indiqué que c’est pour la première fois qu’elle a goûté ce vin. « Je viens d’acheter un litre après avoir goûté chez une vendeuse qui m’a confirmé le bon goût de ce vin. J’ai apprécié puis acheté pour le prendre au frais à la maison, comme m’a conseillée cette maman. Ce vin est naturel et d’après les conseils de ceux qui ont étudié le corps humain, tout ce qui est naturel possède des vertus importantes pour l'organisme », a-t-elle affirmé.

Lydie Gisèle Oko

Légendes et crédits photo : 

Les consommateurs au lieu de la vente au port / Adiac

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