Violence en milieu scolaire : le gouvernement annonce la création des lycées d’éducation prioritaire

Lundi 20 Mars 2017 - 16:39

Abonnez-vous

  • Augmenter
  • Normal

Current Size: 100%

Version imprimableEnvoyer par courriel

Le ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et de l’alphabétisation, Anatole Collinet Makosso, a annoncé récemment, lors de son interpellation par le Sénat, la création des établissements qui accueilleront des jeunes identifiés comme auteurs des violences en milieux scolaires

Estimant que la situation était devenue urgente, nécessitant ainsi l’implication des pouvoirs publics et de tous les acteurs du système éducatif national, en vue de l’éradication de ce phénomène, Anatole Collinet Makosso a annoncé quelques mesures. Il s’agit, entre autres, de la création des lycées d’éducation prioritaire à partir de l’année scolaire 2017-2018. En effet, ce dispositif va recevoir des jeunes en difficulté scolaire qui bénéficieront d’un cycle approprié avec des enseignants plus chevronnés et plus patients avec des effectifs bien maîtrisés. Ce cycle de rattrapage qui va s’étendre au collège l’année suivante les aidera à se mettre aux pas des autres.

Outre la création de ces écoles, le ministère entend renforcer le dispositif existant. Il s’agit notamment de l’intensification du travail d’éducation civique sous toutes ses formes avec tous les acteurs ; le renforcement du cadre juridique et sécuritaire par le travail de sensibilisation ; l’obligation des établissements de mettre en pratique leur règlement intérieur. Il devrait aussi réactiver la note sur la conduite de l’enfant à l’école ; intensifier l’enseignement des programmes d’éducation civique et morale ; poursuivre le projet sur la « Prévention de la radicalisation de la jeunesse » en République du Congo, élaboré par le ministère de la Jeunesse avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement, et financé par le gouvernement japonais. Les autres mesures concernent la mise en place des dispositions particulières sur la prévention et la gestion des violences ; la prise en charge des élèves par eux-mêmes ainsi que l’organisation des brigades d’autodiscipline et la récompense des établissements les plus disciplinés.

Au niveau du gouvernement, il est envisagé la construction des salles de classe et de nouveaux lycées, des murs de clôture et guérites ; le recrutement d’un personnel de sécurité parascolaire ; l’augmentation du quota de recrutement des enseignants et la création des centres de rééducation des enfants coupables des actes de violence. Il est aussi prévu l’assainissement de l’environnement scolaire; l’intervention des ministères en charge de la Sécurité publique pour le démantèlement des gangs qui sèment l’insécurité dans les établissements.

Un phénomène mondial

Selon le ministre Anatole Collinet Makosso, la violence en milieu scolaire est un phénomène mondial. En effet, le rapport mondial 2017 sur la violence et le harcèlement sexuel à l’école, publié par l’Unesco, affirme que, chaque année, environ 246 millions d’enfants et jeunes subissent la violence en milieu scolaire. Mais, sa recrudescence au Congo ruine l’école et cause des échecs scolaires, des troubles à l’ordre public et le sous-développement. « Au Congo, par exemple, elle prend des tournures inquiétantes. En effet, depuis le début de l’année scolaire 2016-2017, les établissements scolaires du secondaire des grandes agglomérations comme Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie et Nkayi sont les plus touchées par le phénomène de la violence qui compromet l’avenir de nos jeunes élèves », reconnaît le ministre.

Rappelant les caractéristiques de cette violence, il a indiqué que les auteurs sont, entre autres, des élèves mêmes, parfois venant d'autres établissements ; des gangs connus sous les noms de Kuluna et Bébés noirs qui s’introduisaient dans les établissements scolaires.

Des effectifs pléthoriques, l’une des premières causes

Evoquant les causes de ce phénomène qui a pris de l’ampleur ces dernières années, le ministre a cité le surpeuplement des élèves dans un site scolaire par insuffisance d’établissements. En effet, contrairement aux effectifs prévus par le décret 96/174 du 15 avril 1996 fixant les normes applicables à l’école, qui prévoit l’effectif de 1000 élèves au collège et de 2000 au lycée, la majorité des écoles publiques ont des effectifs pléthoriques. Il a pris l’exemple du CEG A.A. Neto à Brazzaville qui compte 5 452 élèves et le CEG Tchiniambi Mbota de Pointe-Noire 5 699. Au niveau des lycées, Thomas Sankara à Brazzaville compte à lui seul 12 242 élèves, le lycée de Mpaka de Pointe-Noire à 6 914 et le complexe A.A. Neto, avec ses trois établissements, contient 15 582 élèves. L’autre cause est l’insuffisance des capacités d’accueil qui fait qu’au lieu de 45 élèves par classe au collège, 35 au lycée et 50 au primaire, certaines salles de classe ont des effectifs allant de 300 à 350 élèves.

Parfait Wilfried Douniama

Légendes et crédits photo : 

Le ministre Anatole Collinet Makosso ; crédit photo Adiac

Notification: 

Non