Zone maraîchère de Talangaï : environ cinq cent quatre-vingts producteurs autorisés à réoccuper le site

Mardi 16 Octobre 2018 - 19:15

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Déguerpis il y a quatre ans lors de la construction du viaduc de ‘’Keba na virage’’, dans le sixième arrondissement de Brazzaville, les agriculteurs périurbains peuvent de nouveau produire sur cet espace. À la faveur de la Journée de l’alimentation, célébrée le 16 octobre, le gouvernement, les autorités locales et les partenaires au développement se sont engagés à promouvoir l’agriculture urbaine.

L’installation des agriculteurs sur la ceinture maraîchère de Talangaï remonte, en effet, au début de l’année 1960. Ce sont des Congolais qui avaient été expulsés de l’autre côté de la rive, en République démocratique du Congo, qui avaient décidé, après leur retour au pays, de s’installer sur la zone pour y pratiquer le jardinage. Mais l'espace fait l’objet depuis quelques années d’occupation anarchique et de spoliation. Avec plus de trente hectares au départ, le site est actuellement réduit à trois hectares.

Ces maraîchers, à l’instar des leurs collègues de la partie sud de Brazzaville, étaient devenus au fil des ans de véritables fournisseurs de la ville capitale en denrées de base. Malgré leurs faibles moyens de travail, ils fournissaient aux marchés de la place plus de trois à quatre tonnes de légumes frais, notamment des carottes, céleris, choux, oignons, poireaux, tomates, haricots, courges, ciboules, etc.  

La décision municipale autorisant le retour de ces producteurs est saluée par les bénéficiaires, comme en témoigne le président du collectif des maraîchers de Talangaï, Sylvain Dangui. Lors d’une grande manifestation marquant la journée mondiale, le porte-parole des maraîchers a interpellé les membres du gouvernement, dont le ministre de tutelle, Henri Djombo, le maire de Talangaï, Privat Frédéric Ndeké, y compris les partenaires de la FAO, du système des Nations unies, de l’Union européenne.

« Si rien n’est fait, la ceinture maraîchère de Talangaï sera effacée de la carte de Brazzaville. En dépit de la menace, nous croyons toujours aux promesses des plus hautes autorités de l’Etat », a lancé Sylvain Dangui. À noter qu’en plus des terres, les petits producteurs locaux auront besoin d’encadrement, des matériels agricoles performants ainsi que des différentes semences.

Des demandes que le gouvernement congolais, à travers le département de l’Agriculture, va tenter de répondre. Dans son Plan national de développement 2018-2022, il a choisi le secteur agricole comme un outil clé de lutte contre l’insécurité alimentaire et la pauvreté. « À ce titre, l’horticulture urbaine constitue l’instrument approprié pour développer une production agricole urbaine, l’approvisionnement des marchés et la création d’emplois tout le long de la chaine », a indiqué Henri Djombo.

Les pouvoirs publics ont promis de faciliter l’accès à la terre et au crédit agricole ainsi que de promouvoir le métier de l’agriculteur et de l’entrepreneuriat jeune. Une politique que partagent les partenaires au développement. La représentante de la FAO au Congo, Suze Percy Philippini, a réitéré l’appui de son institution à soutenir le développement agricole.

Signalons que la rencontre sur le site de Talangaï, le 15 octobre, s’inscrivait dans le cadre de la trente-huitième célébration de la Journée mondiale de l’alimentation, dont le thème s’intitule « Agissons pour l’avenir : préservons nos ceintures maraîchères urbaines ». L’événement a été aussi marqué par des échanges sur des thématiques liées à la journée et l’exposition des divers produits alimentaires.

 

Fiacre Kombo

Légendes et crédits photo : 

Une vue des participants à la célébration de la Journée mondiale de l'alimentation

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