Opinion

  • Éditorial

Poésie

Lundi 16 Juin 2014 - 0:21

Abonnez-vous

  • Augmenter
  • Normal

Current Size: 100%

Version imprimableEnvoyer par courriel


Il fut un temps qui n’est pas si lointain où, pour échapper à l’emprise coloniale qui les étouffait, les écrivains et les poètes africains mettaient en avant la couleur de leur peau afin d’affirmer leur talent. Brandissant la négritude comme un bouclier, ils dénonçaient à juste titre l’ostracisme dont ils étaient l’objet et bousculaient du même coup les lignes tracées par la mise sous tutelle de l’Afrique par les puissances européennes. À leur façon et de manière décisive, ils contribuèrent ainsi à l’émancipation des peuples dont ils étaient issus.

Nous en avons eu une nouvelle et éclatante preuve la semaine dernière à Paris, lorsque les poètes du Bassin du Congo ont occupé le devant de la scène au Marché de la poésie. Invités d’honneur de la trente-deuxième édition de cette prestigieuse manifestation culturelle qui pose chaque année ses tentes sur la place Saint-Sulpice, ils ont décliné de mille et une façons leurs talents. Face à un public qui ne boudait pas son plaisir, ils ont alterné quatre jours durant déclamations, débats, intermèdes musicaux, signatures, et placé ainsi la littérature africaine à sa juste place dans le monde moderne.

Trois mois après le Salon du livre qui avait vu le stand Livres et Auteurs du Bassin du Congo s’imposer comme l’un des lieux les plus vivants, les plus courus, les plus attirants de ce prestigieux rendez-vous mondial, le Marché de la poésie a confirmé le fait que la littérature africaine occupe désormais le devant de la scène littéraire. Non plus en jouant sur la négritude et les injustices qu’engendra la colonisation, mais en misant sur le seul talent, la seule imagination des poètes et des écrivains du continent noir qui puisent leur inspiration dans les racines de ses peuples.

Ne boudons pas notre plaisir en soulignant le fait que nous sommes l’un des acteurs du vaste mouvement qui projette en avant la littérature africaine. Et sans tirer la couverture à nous, disons simplement que nous avons aujourd’hui le sentiment d’avoir accompli, au moins en partie, la mission qui nous était confiée de porter haut et fort la voix de l’Afrique.

L’aventure ne fait que commencer. Reconnaissons qu’elle est belle à tous égards.

Les Dépêches de Brazzaville

Edition: 

Édition Quotidienne (DB)

Éditorial : les derniers articles
▶ 26/2/2025 | Héritage durable
▶ 26/2/2025 | Préoccupation
▶ 25/2/2025 | Combler davantage
▶ 24/2/2025 | Cybersécurité
▶ 23/2/2025 | Cela bouscule...
▶ 18/2/2025 | Filles et sciences
▶ 17/2/2025 | Impayés
▶ 16/2/2025 | Fin de l'heure
▶ 14/2/2025 | Doléances
▶ 13/2/2025 | Veiller au grain