Brin d’histoire


Brin d’histoire
Jeudi 12 Juillet 2018 - 22:02

Fin mai, début juin 2018, les élèves congolais ont passé les épreuves du bac. Le tout s’est, semble-t-il, passé dans de bonnes conditions. Pas de fraudes. Le baccalauréat est un héritage du système éducatif français.

Le baccalauréat, comme beaucoup d’institutions en France, a été créé, en 1808, par Napoléon 1er. L’objectif était de promouvoir de nouvelles élites, pour encadrer l’Empire triomphant que la rébellion d’Espagne osait encore défier. Le baccalauréat, c’est le nouveau nom de l’ancienne maîtrise ès arts. C’est le premier grade universitaire avant la licence et le doctorat et non pas un certificat de fin d’études secondaires. En juillet 1809 ... Lire la suite


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Jeudi 5 Juillet 2018 - 21:03

C’est le titre d’un livre paru il y a quelques années. L’auteur, parti d’un constat de bon sens, concluait que le Congo était bourré de savants, en réalité, de faux savants. Je me souviens d’un débat sulfureux sur l’article 75 de la Constitution de mars 1992 qui stipulait : « Le président de la République nomme le Premier ministre issu de la majorité parlementaire à l'Assemblée nationale. Il met fin à ses fonctions sur présentation par celui-ci de la démission du gouvernement. Il nomme les autres membres du gouvernement sur proposition du Premier ministre. Il met fin à leurs fonctions après avis de ce dernier ».

 Les contorsions, les explications ... Lire la suite


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Jeudi 5 Juillet 2018 - 15:43

Kabako Lambert est mort, le 23 juin 2018, à l’âge de 70 ans. Il était né le 17 mars 1948, à Brazzaville. Il y a grandi, fait ses études et s’est lancé dans la musique, qu’il a passionnément exercée pendant plus de quarante-cinq ans. Dans le concert inévitable de louanges post-mortem qui a lieu en ce moment,  il est difficile d’être original. 

Kabako Lambert se définissait comme « mwana Ouenzé », un enfant de Ouenzé. Cette affirmation identitaire est le propre de tous ceux qui, comme lui, nés avant 1959, sont, avant tout, natifs de Poto-Poto. Ouenzé, jusqu’à son érection en commune, était une excroissance de Poto-Poto, comme Moungali. Il y a quelques ... Lire la suite


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Jeudi 14 Juin 2018 - 12:16

Le 10 juin dernier, la cérémonie de lavement des mains s’est déroulée dans le Pool, revenu dans le giron de la République. Plus de vingt-cinq ans, après la fin de la Conférence nationale, cette célébration est caduque. La guerre de 1997 et ses funestes conséquences l’ont définitivement disqualifiée, comme instantané historique cathartique.

La Conférence nationale souveraine, il y a plus d’un quart de siècle, avait ouvert la boîte de Pandore. Qu’est-ce à dire ? « Créée par Héphaïstos, Pandore était une femme douée et protégée des dieux ; Athéna, en particulier, la couvait ; un jour, elle reçut de Zeus une boîte qui contenait tous les maux. Pandore épousa ... Lire la suite


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Mardi 12 Juin 2018 - 13:01

Jean Malonga, Bernard Bouya et Mathurin Menga. Trois notables de Poto-Poto décédés, à quelques mois d’écart, il y a plus de trente ans. C’est toute une époque qui s’en est allée avec eux. Poto-Poto, autant que je m’en souvienne, était un havre de paix. Un village policé. Le respect était la règle. La solidarité, une pratique sociale assumée. Ces notables étaient affectueusement appelés «vieux». Chacun d’eux a, d’une manière ou d’une autre, marqué la vie de Poto-Poto.

Jean Malonga est le premier écrivain du Congo. Ancien sénateur, il habitait une belle maison sise rue Bacongo au n°100, à Poto-Poto. Son domicile a été vendu, il y a quelques années, sans ... Lire la suite


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Jeudi 24 Mai 2018 - 21:28

Coq-à-l’âne. Cette expression signifie : passage sans liaison d’un sujet à l’autre. C’est ce que je vais faire dans ce « Brin d’Histoire ».
Les 2 et 3 avril 1930, à la suite de la condamnation de Matsoua et de ses coaccusés, Brazzaville est en proie à une forte agitation. Dans un numéro de Vision pour Demain,  Bouetoum Kiyindou écrit : « André Matsoua est appréhendé à Paris et amené à Brazzaville où il est jugé le 2 avril 1930, avec ses coaccusés, dans les locaux de la mairie. Les peines prononcées s’échelonnent entre trois mois de prison avec trois ans d’interdiction de séjour, pour les membres plus ou moins influents de l’association, et cinq ans ... Lire la suite


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Jeudi 17 Mai 2018 - 20:27

La cohorte qui se découvre soudain des talents de journalistes envahit la toile de ses insanités quotidiennes. Internet est un bel outil, lorsqu’il est utilisé à bon escient ; sinon c’est la catastrophe. Cette catastrophe qui se produit sous nos yeux. Internet peut être un outil merveilleux d’expression démocratique. Démocratique ne veut pas dire déverser son fiel sans discernement accréditant la bêtise et la crétinerie. Les réseaux sociaux ont l’indécence en modus vivendi. Mais en réalité, derrière ces troupes de choc qui vilipendent le pays sur la toile, se cachent quelques « assoiffés de pouvoir », comme on disait dans la défunte république marxiste ... Lire la suite


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Vendredi 11 Mai 2018 - 13:19

La crise est bien là. À cause d’elle, un raptus d’anxiété existentielle s’est installé dans le pays. Dans tous les coins de rue, les conversations tournent autour de l’incertitude ambiante. Certains semblent ignorer que de la crise surgissent des solutions salvatrices. Celle de 1929 fut suivie d’une embellie durable.

Ce qu’attend le peuple du gouvernement, c’est un nouveau discours plus mobilisateur, discours d’espérance ou d’espoir. Au lieu de quoi, c’est un discours assommant, profondément déconnecté des attentes du public déboussolé ;  ce qu’attend le peuple, ce sont les signes forts d’une politique volontariste visant à juguler la crise ; ce ... Lire la suite


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Jeudi 3 Mai 2018 - 12:30

La démocratie pluraliste, nous l’avons vécue au siècle dernier, lorsque Tchicaya, Opangault, Youlou et d’autres leaders créèrent leurs partis. A la fin des années 1950, deux d’entre eux se détachèrent clairement, le MSA et l’UDDIA. Le décès de Félix Tchicaya, le 17 janvier 1960, donna un coup d’arrêt quasi définitif de son parti, le PPC (Parti progressiste congolais). Désormais, le jeu politique se limita aux relations cyclothymiques de Youlou et Opangault, ponctuées par la guerre de 1959. La tournée que les deux protagonistes firent ensemble, peu de temps après, inaugura une ère de coexistence apaisée. Ils avaient compris que la « démocratie consiste à ... Lire la suite


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Jeudi 26 Avril 2018 - 15:45

Dans le père est le pouvoir. Il incarne l’unité de la famille, produit pour la vie de la famille, surveille et punit quand il le faut. Dès qu’il est dans l’impossibilité d’assurer son rôle tutélaire, il est dépassé et sa maison devient le siège de la pagaille. Les enfants, au fond, ne sont que la continuité de leurs parents. « À mauvais parents, mauvais enfants ». Lorsqu’on se plaint aujourd’hui des méfaits de « bébés noirs », la responsabilité incombe en prime aux parents, donc à la société, à l’Etat incapable d’assurer un minimum vital à la population laissée-pour-compte du développement. Ce n’est pas par hasard que la violence a son siège, en ... Lire la suite