Les Dépêches de Brazzaville



Les éditions Présence Africaine, une vitrine historique


Soixante-dix ans d’existence… La maison d’édition Présence africaine, référence en la matière pour tous les écrivains africains, demeure au service de la dignité humaine. Après avoir offert un fonds documentaire de près de six mille ouvrages à la Librairie les Manguiers des Dépêches de Brazzaville, il y a quelque temps, la transmission de celui-ci s’est faite par un premier don à l’ambassadeur de France. Cette collection viendra étoffer les bibliothèques des Instituts français du Congo de Brazzaville et de Kinshasa.

Ouvrant la cérémonie, la conseillère à la Culture, aux arts et au tourisme du président de la République, directrice de la librairie des Dépêches de Brazzaville, Lydie Pongault, après un bref historique, a rappelé que la maison d’édition a été créée sous le vent du panafricanisme, un mouvement qui portait une vision à la fois sociale, économique, culturelle et politique d’émancipation des Africains du continent et de la diaspora.

« Cette maison a été un outil essentiel dans la lutte pour les indépendances des pays africains.  Alioune Diop avait compris la nécessité de contribuer à l’accompagnement des auteurs négro-africains pour la défense et l’illustration de la pensée noire. Une grande majorité des écrivains faisant la gloire du service d’écriture du continent y ont édité leurs ouvrages. »

Saluant l’initiative, Romuald Fonkoua, rédacteur en chef de la revue Présence Africaine, professeur des universités à la Sorbonne à Paris, a souligné : « Cette célébration nous permet de visualiser l’entreprise qui a été pendant longtemps la vitrine de l’Afrique en France, en Europe, dans les civilisations occidentales.  C’est une grande joie de voir une revue comme Les Dépêches de Brazzaville faire la visibilité de cette maison », a-t-il relevé.

Et de poursuivre : « Les éditions Présence Africaine sont toujours une vitrine historique dont personne n’ignore l’importance. La plupart des grands auteurs congolais, africains, noirs, sont passés par là. Toute la bibliothèque littéraire de l’Afrique noire passe par Présence Africaine, à Paris. Et aujourd’hui encore, les jeunes écrivains africains quand ils ne savent pas vers qui se tourner viennent vers cette maison », a-t-il rappelé.

Le directeur général des Dépêches de Brazzaville, Jean-Paul Pigasse, a, pour sa part, remercié les invités en rappelant que cette entreprise a été un véritable canal d’expression, de partage, de rencontre et de découverte.  « Toutes ces années, les éditions Présence Africaine ont accompagné des hommes et femmes, qu’importe leurs aspirations, à traduire leurs pensées, vécus et expériences avec tout le monde », a-t-il insisté en formulant le vœu que cela se pérennise davantage.

Notons que Alioune Diop a crée la Revue Présence Africaine en 1947 puis la maison d’édition éponyme en 1949. 

Les 70 ans ont été célébrés en présence de la fille d’Alioune Diop, Suzanne Diop, co-directrice de Présence Africaine, de sa petite fille Marie Yandé Kattié, du professeur Romuald Fonkoua, rédacteur en chef de la revue Présence Africaine, de l’ambassadeur de France, des responsables des Instituts français de Brazzaville et Kinshasa, de l’Université Marien-Ngouabi, et de nombreux amoureux de la littérature.

Notons que pendant quatre jours, ces festivités seront célébrées avec éclat à travers des projections cinématographiques, des tables rondes qui auront lieu à l’Institut Français du Congo, partenaire de l’évènement, à l’Université Marien- Ngouabi où un important don sera fait au recteur, Jean-Rosaire Ibara, et une croisière littéraire sur le majestueux fleuve Congo.


Rosalie Bindika et Merveille Atipo

Légendes et crédits photo : 

Photos de famille en ouverture + photo groupe de femme avec légende : Un spectacle de danse traditionnel du balai national au musée galerie du Bassin du Congo a clôturé avec entrain cette belle cérémonie.