Les Dépêches de Brazzaville



Pandémie du sida : des pairs éducateurs formés au dépistage démédicalisé


L’objectif est de contribuer à l’amélioration de l’offre du dépistage du VIH/sida par le renforcement des capacités des pairs éducateurs des organisations de la société civile et mener un plaidoyer auprès des partenaires gouvernementaux, techniques et financiers pour lever les barrières juridiques et politiques du dépistage communautaire.

La formation vise également à renforcer les capacités de ces pairs éducateurs pour être habiles à assurer le dépistage rapide du VIH/sida, à rendre le dépistage plus accessible à la population clé et autres vulnérables ainsi qu’à assurer la gestion des déchets biomédicaux.   

La pandémie du VIH/sida est alarmante au Congo. Le taux de prévalence est de 3,2% d’après l’enquête séroprévalence et sur l’indicateur du sida 2009, dont la tranche d’âge varie de 15 à 49 ans.

Les disparités oscillent entre 1,5% et 4,8% d’un département à un autre. Les catégories de personnes les plus exposées à la maladie sont notamment les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes (HSH), dont la prévalence est estimée à 41, 2% et 8, 1% chez les professionnelles de sexe.

D’après l’enquête comportementale réalisée par la direction exécutive du Conseil national de lutte contre le sida en 2017, couplée à la sérologie VIH chez les personnes séropositives, les HSH, la population carcérale et les consommateurs de drogues injectables, 18, 1% des femmes enceintes attendues en 2016 ont bénéficié d’un dépistage du VIH, soit 20% contre 80% prévu par l’objectif d’accès universel.

Le Congo est confronté aux problèmes de disponibilité en ressources humaines en santé. Il connaît un obstacle majeur en matière de fourniture de soins et de services ainsi que dans la prise en charge, lié aux ruptures des antirétroviraux et de médicaments contre les infections opportunistes.

La formation est organisée du 10 au 13 décembre, par l’Association des pairs des jeunes positifs du Congo (AJPC) que dirige Esmo Valerie Maba, avec l’appui technique du comité de la plate-forme de l’Afrique de l’est et du centre (Pace), présidée par Jeanne Gapiya. Les travaux ont été ouverts par la directrice de cabinet par intérim au ministère de la Santé et de la population, Cornelie Gabrielle Adou Ngapi.

La première journée a été marquée par des allocutions et du témoignage de la présidente de la Pace, du Burundi, également personne vivant avec le VIH depuis trente-trois ans ainsi que sur les notions de base sur la maladie.  

Flery Bassaka, représentant la présidente de l’AJPC, a indiqué que le dépistage est une porte d’entrée pour atteindre les objectifs fixés par l’Onusida 90-90-90. « Le dépistage démédicalisé permet de trouver le VIH là où il se cache, d’accroître l’offre du dépistage dans nos communautés afin de contribuer efficacement dans l’atteinte de ces objectifs 2030 : mettre fin au VIH », a-t-il déclaré.

Cornelie Gabrielle Adou Ngapi a assuré les participants de l’appui du gouvernement dans la lutte contre la pandémie du VIH/sida, dans son allocution d’ouverture.  


Lydie Gisèle Oko

Légendes et crédits photo : 

Les pairs éducateurs et les officiels / DR