Culture : Artistes congolais, c’est grave docteur ?
Pour autant, certains continuent d’oeuvrer en coulisses prenant leur mal en patience. A Pointe-Noire, Conquering Lions se réunit tous les lundis pour continuer les répétitions quand bien même la formation de reggae est comme suspendue dans le vide avec l’espoir que les concerts soient de nouveaux autorisés. Le spectacle vivant, qui a pleuré de nombreux disparus en cette année 2020, est au point mort depuis 5 mois et on ne sait combien d’artistes sauront s’en relever. Courageusement, la plupart d’entre eux, en quête de visibilité, se maintiennent en vie sur les réseaux sociaux devenus la seule issue de secours, une issue qui les prive cependant de monnaie trébuchante et nécessaire au maintien de leur art. Rappelons qu’une proposition de loi sur le statut de l’artiste congolais initiée par le député Léonidas Carrel Mottom, et dont l’examen avait été plusieurs fois renvoyé à l’Assemblée nationale, avait été adoptée à l’unanimité le 18 décembre 2019 à Brazzaville. Le président de l’Union des musiciens congolais, Pape God, qui avait assisté à l’adoption de cette proposition de loi avait souhaité que les textes d’application soient publiés le plus rapidement possible en vue de permettre aux artistes d’avoir une protection juridique dans l’exercice de leur profession. Un souhait semble t’il resté lettre morte. De l’autre côté de l’atlantique, en France, le Premier ministre Jean Castex a, quant à lui, récemment estimé que le secteur culturel souffre de la crise sanitaire plus que d’autres et annoncé un plan de relance de la culture au sens large qui bénéficiera d’une dotation exceptionnelle de 2 milliards d’euros. « Nous pensons que la culture est une activité économique et si les règles sanitaires imposées aux professionnels du spectacle les empêchent d’atteindre leur équilibre économique, l’Etat se doit de compenser ce déficit », a-t-il précisé.
Philippe Edouard Légendes et crédits photo :Le secteur musical attend un soutien essentiel des autorités publiques |